lundi, 05 janvier 2009
Pourquoi je ne suis pas punk.
Hier une fille m'a sorti le topo « untel est un punk », évoquant un gars au look BCBG mais au fond plein de fantaisie et de culot. Un type qu'à l'air sage mais qui ne l'est pas. Peut être quelqu'un de plus subvertif que la moyenne.
Prestige du punk. L'autre fois quelqu'un m'a reproché de ne pas être punk, rapport à une provocation à laquelle je refusais de me prêter, par timidité en partie, et parce que l'action en question me paraissait étrangère. J'ai répondu au tac au tac « Je n'ai jamais été punk, j'ai toujours préféré la New-Wave. »
La première fois que l'idée « punk » entre dans mon esprit, je crois que c'est en 1983, j'ai treize ans. Un gars de mon collège est l'égérie d'une bande de créteux plus âgés et il aime bien incruster sur les tables le signe de l'anarchie ou le slogan « punk is not dead ». J'y comprend rien et je crois que lui non plus. Les punks sont des crasseux, et même si à cette époque je commence à fumer, à me cuiter un peu et à sniffer des trucs (colle à rustine et white spirit ), je reste étranger leur pensée et de leur sens esthétique, moins à leur comportement. J'étais qu'un sale gosse.
Quand je me mis à m'intéresser à la musique, je passais à côté de la vague punk et néo-punk. Le frère d'un ami, plus âgé que nous, un ado à problème, prenait son plaisir avec les Beruriers Noirs. Je me souviens que ça ne m'évoquait rien. Aujourd'hui je sais que c'était de la musique de crétin, à l'époque je savais qu'un jour je comprendrai.
A quinze ans j'avais reçu mon lot de claque musicale. Mes parents m'avaient transmis Pink Floyd et Simon and Granfunkel, le Hit-Parade de RTL passait du OMD, Soft-Cell et Kim Wilde. Le son électronique activait des ondes cérébrales jusqu'alors inconnues. Ces sensations nouvelles s'emplifières avec les Hits « Whot! » de Captain Sensible, Le Grand Master Flash, la musique de Midnight Express, le hit de Chagrin d'Amour, Depeche Mode, les Stranglers, etc. J'assistais, en première ligne, à la naissance de nouvelles musiques populaires qui n'était ni de la variété, ni du folklore, ni du jazz-blues-rock. C'était totalement nouveau et pas du tout underground. Ça annonçait le hip-hop et l'electro-techno.
La seconde partie des années 80 est marquée par une dégradation de ce qui nourrissait mes espoirs. La new-wave se ridiculise (l'apothéose fût certainement la chanson « Partenaire Particulier »), une des branches electro emprunte la voie d'une disco mercantile (la « Dance italienne »), le hip-hop sombre aussi avec Sydney et Benny-B. Le son techno de Detroit, de Londre, de Berlin et de Bruxelles est trop loin. C'est à posteriori, vers 90, que je découvre ce son que j'aurais pu aimer, mais qui était trop underground pour en avoir accès.
Dans cette seconde partie des années 80, je ne trouvais plus rien de bon dans la musique populaire. Je n'aimais ni le ska, ni le punk-rock, ni les « musiques du monde », ni ce qui passait au Top-50, ni le rockabilly, ni le rock-FM américain, ni le funk à la Mickael Jackson. En fouillant dans mon esprit pour trouver le son des années 85-90 que je pouvais écouter avec excitation, il y avait Ginsbourg dans sa période « Love on the beat », le « No Comprendo » Rita Mitsouko, les deux premiers Gun'nRoses, « I want your sex » de Georges Mickael, quelques morceaux de Francky Goes to Hollywood, Purple Rain de Prince. C'était insuffisant. Je retournais à mes classique, et sans doute influencé par les gens que je pouvais alors fréquenter, j'entrais dans une période revival, qui, avec le recul, était un peu une pose esthétique de jeunesse. Se farcir les Doors, Hendrix, Janis Joplin, ou pire, retourner aux origines avec BB King et Sonny Rollins. Ecouter même du Stevy Ray Vaughan, du Eric Clapton et du Johnny Winter, sous prétexte qu'ils avaient une réputation de guitare héros. Et un peu de Hard. Revival qui durera jusqu'à mes premières raves.
Et pendant ce temps là, l'école Punk continuait son petit bonhomme de chemin sans moi. Les negresses verte, la mano negra, metal urbain, etc. C'était pour moi du rock bas de gamme. Une musique d'excités incultes et antipathiques. Un encouragement aux bas sentiments et à l'auto-destruction. Un message politique facile, moralisateur et hors contexte. Un univers esthétique pauvre, qui au delà du son, se vérifiait dans le look, dans le parler, jusque sur les Flyers punks. Indigne d'intérêt.
C'est l'année du bac que j'ai fait l'effort de réfléchir sur les deux groupes classiques du punk, les Clash et les Sex Pistol. Un ami avait leurs albums phares (London Calling et Never mind the bollocks) alors je les ai passé et je les ai écouté attentivement. C'était à mon sens du rock basic, moins élaboré que le hard, moins vif que le rockabilly, plus antipathique que le son des années 70 habituel, moins dansant, moins pro, avec un humour mauvais et pas sexy du tout. En gros, c'était du petit rock, je restais sur cette idée là. J'ai encore du mal à comprendre comment ces petits disques peuvent placé en tête de la hiérarchie des albums de « la discothèques idéales », au côté des albums-concept des Beatle, les Beach Boys ou des Pink-Floyds.
Quand je me suis intéressée au marketing, c'est là où m'est venu l'idée suivante : Le punk, c'est une opération visant à faire du neuf avec du vieux. Mettre une nouvelle étiquette sur le produit, vendre du rock de base en disant que c'est nouveau. Des millions de blaireaux se sont fait avoir.
La pensée punk apparaît comme pauvre. Le nihilisme adolescent pour une part, le gauchisme adolescent de l'autre, le tout lié par une sorte de haine de l'occident tout aussi puérile. A la même époque, le mouvement new-wave s'intéressait au Bahaus, à K.Dick, à Orwell, au technologies de l'information, aux fractals, au réseau neuronaux, au romantisme, au dandysme, etc. Les premiers rapeurs se référaient aux droits civiques, aux systèmes tribaux, au mélange rock/world, aux origines du blues, aux émeutes ethniques, etc. Les punks en étaient alors rendu à une lutte de retard (la lutte anti-fasciste), à la glorification d'une certaine jeunesse dépressive, à l'anti-Tatchere, à la lutte des classes. Un mouvement qui a oublié de penser aux thèmes d'avant garde de l'époque que pouvaient être la conception d'une Europe politique, l'effondrement du monde communiste, la mondialisation telle qu'on la connaît aujourd'hui, les technologies de l'information, les modifications de style de vie liées à tout ça. Les grandes aventures de cette génération pourtant.
Peut être que l' impression de mesquinerie que j'ai souvent ressenti dans « le milieu plus ou moins punk » vient de là. Irrespectueux avec leurs ainés et les « système établi », le punk n'a pas non plus su proposer un avenir. Le mouvement punk n'a pas été le « passeur » qui transmet certains élément du passé, ni celui qui indique une voie pour le future. Ils n'ont fait que se lamenter du moment présent.
L' héritage punk se vérifie par son « bilan », qui constitue un ensemble d' indices de mon point de vu accablants.
Niveau idées politique, tout ce qui reste aujourd'hui du punk est la fameuse « lutte antifasciste » qui a débouché sur l' altermondialisme. Un néo-gauchisme plus concerné par la question sexuelle, le métissage, le pacifisme et le droit des jeunes, que par la condition ouvrière. On aime ou on aime pas. J'aime pas.
Du point de vu esthétique, la mouvance punk peut s'inscrire dans la world musique. On se souvient en particulier des reprises reggae par ces groupes blancs. S'il existe aujourd'hui des Manu Chao et si on a eu à se farcir du Negresse Verte et du Mano Negra, c'est grâce à l'école Punk. On aime ou on aime pas. J'aime pas.
Du point de vu des comportement, la mouvance punk a accompagné la dégradation des styles de vie caractérisé par l'absence de courtoisie, de respect pour les ainé, les « incivilité », les dégradations urbaines, l'arrogance, le cynisme, la vulgarité, toutes ces choses qu'on peut symboliser par un doigt majeur dressé en fuck-you. On aime ou on aime pas. J'aime pas.
Ce fuck-you qui, dépassant le stade urbain et celui de la jeunesse, a contaminé d'autres compartiments de la société, comme celui de l'entreprise. L'influence punk se ressent chez le trader fou, chez le DRH qui dégraisse, chez le commercial agressif, chez le harceleur moral, dans les campagnes de publicité les plus provocantes. Voilà qui est punk.
Il y quelque chose de punk dans le monde d'aujourd'hui et le punk n'a pas été une mise en garde, mais au contraire, ça a été une école préparatoire. Le punk a donné une légitimité à la violence sociale. Ca pouvait alors être cool d'être d'un cynisme absolu. Faire « un coup de pute » pouvait être valorisant. « Faire chier son monde » était une marque de personnalité. Détériorer pouvait être une démarche créative. « Tout les moyens sont bons » une marque de liberté.
Ce sont ces éléments de pensées qui ont été la véritable innovation du punk.
Cet apport du punk qui s'est propagé aux autres mouvements culturel, contaminant certaines branches du hip-hop ou de la techno en particulier via la tendance hard-core, et diffusant cet espèce de cynisme dans le milieu hype (style : « je sniff de la coke, je bois du champagne, je crache sur la société et je suis blindé de thune »).
Au final, le punk ne libère pas mais soumet. Si le système est devenu punk, par contre, l'individu, sauf exception, subit. A qui profite la punk attitude ? Qui jouit de la légitimité du fuck-you ? N'est il pas agréable d'être aristocrate et punk ? N'est il pas utile d'être chef d'entreprise et punk ? Et financier-punk ? Et chef d'état-punk ? Je vous fait un dessin ? Allons...
Tentez seulement de visualiser ce qu'est un pauvre-punk ou même un homme de la classe moyenne punk. Un Fake ? Un taulard ? Un exclus ? Un persécuté par le fisc ? Un camé ? Un délinquant ? Un clandestin ? What else ? Nécessairement un type malheureux.
Voilà pourquoi je ne suis pas punk.
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mardi, 26 août 2008
Vous êtes sur la liste ?
Texte un peu long pour un blog, je voulais parler d'un livre et je me suis mis à partir dans tous les sens. Il sera question des branchés, de la hype, de Beigbédé, de la culture de gauche et de droite, de la ringardise, etc.
Lu le livre d' Arnaud Sagnard « Vous êtes sur la liste ? -Enquête sur la tyrannie des branchés. ». Essai de sociologie amusante sur les branchés parisiens et plus particulièrement « la hype ».
L' auteur démontre que ce milieu s'est éloigné de sa fonction d'origine qui était l'ouverture d'esprit, le mélange social et culturel, l'esprit critique, etc. Le monde des branchés devenant aujourd'hui un monde tout pourri peuplé de types conformistes, cyniques, consuméristes et fermés. Sagnard tire sur tout ce qui bouge (une ambulance ?) et il a bien raison. Dans la veine gonzo on le voit débarquer dans les soirées à la con du Baron et du Paris-Paris pour y décrire la médiocrité ambiante. Le sujet n'est pas anodin. Ce milieu branché est en grande parti responsable de la médiocrité de la création française actuelle.
Les branchés ont une fonction importante : diffuser dans le reste de la société un certain nombre de valeurs qui à l'origine sont underground, via la création. On ne peut que constater, au vu du résultat actuel, que les branchés ne font plus leur boulot, et c'est pas d'hier. D'où la daube qui passe sur les radios grand public, à la télé ou en librairie et la merde qu'ils foutent dans le crâne des gens. On peut faire du « name dropping » : en gros, les branchés ont cautionné Beigbedé, Justice, la télé-réalité, Lolita Pill, Ariel Wizman, l'attitude hard-to-get des nanas, l'attitude bobo, etc. Ça mérite bien le châtiment du lance-flamme, nan ?
Bon, j'ai pas envie de jouer au critique littéraire mais juste rebondir sur ce que dit ce bouquin, apporter quelques précisions et digresser allègrement. Donc c'est bien écrit, ça se lit vite, c'est drôle et triste en même temps, et Sagnard ose souhaiter la mort physique de quelques personnalités détestables, c'est quand même bien cool.
Beigbeder
Parfois il n'est pas assez méchant à mon goût. Avec Beigbeder il n'est pas si taquin. Il oublie que la trajectoire de personnage n'a pas commencé avec le Caca's club (la machine à faire du relationnel de ses débuts) mais avec les rallyes, interdits aux non-bourgeois. Quand Beigbeder explique à Sagnard qu'il ne faut pas le confondre avec son personnage de 99F, il se fout de sa gueule. Il y a dans 99F des moment où Beigbeder révèle ce qu'il est ou ce qu'il veut être, et dans le film (vous pensez bien que j'ai pas lu ça, ses « nouvelles sous extasy » m'avaient vacciné), le moments de sincérité sont les plus à vomir. Par exemple, quand le héros essaie de vendre une campagne de pub originale, et face au refus de son client, fait une déprime de gosse de riche. Extraits : http://fr.youtube.com/watch?v=N7NglWIwtdg&feature=rel... . Après ça, le héros décide de saboter la campagne de pub ( http://fr.youtube.com/watch?v=aAWqRVug3Pk) C'est la scène où le héros décide de « devenir lui même », c'est à dire Beigbédé, ou ce qu'il voudrait être. Et là, on découvre un type qui prend son métier de publicitaire vraiment à coeur, il y croit tant à la publicité que le refus de son idée créative le rend malade. Il ne critique pas la pub, il critique l'industrie (c'est à dire le monde réellement productif). Dans son système de valeur, le publicitaire devrait dicter sa conduite au monde productif. Pour lui, un type qui s'occupe d'usines de production alimentaire a moins de légitimité qu'un publicitaire. Il met en place une confrontation entre un type (le méchant du film) qui crée des emplois, qui fabrique de la nourriture, qui transforme une matière première, qu'est forcément un peu beauf, avec un autre type (le sympathique du film) qui sait rien foutre de ses dix doigts, surpayé, véritable parasite des économies modernes et assez dégueulasse pour trahir son poartenaire pour des raisons purement égocentrique (auxquelles il donne un alibi politique puéril). Bref, j'avais prévenu, j'allais faire de la digression...
Wizman
Trop gentil aussi avec Wizman. Je ne connais de ce garçon là que ses mixs (je n'ai pas la télé). A chaque fois, j'ai trouvé ça naze et prétentieux. C'est le DJ qui passe des disques world qu'il a été chercher à Rio ou Moscou et on sent le mec qui veut étaler sa science. Le truc, c'est qu'il ne sait pas faire bouger une salle ni lui donner une bonne ambiance, ses enchaînements sont bâclés, et ses choix « sono-mondial » à la masse. Le problème du « son-nova » des années 90, c'est que tout le monde s'en bat les couilles aujourd'hui. Un jour je lisais un article sur ce sympathique Ariel où il posait dans une pièce où il entrepose ses disques. Impressionnant le nombre. Je suppose que le mec est plus préoccupé par la quantité que par la qualité. J'ai rigolé quand dans un Techknikart le journaleux parlait de « la sortie du prochain disque de Wizman ». Une doule page je crois. Wizman commet des morceaux electro sous le nom de « grand popo football club » et j'invite tout le monde à aller chopper les mp3 pour se rendre compte à tel point les mots me manque pour évoquer l'absolue médiocrité de cette production. Bref, Wizman aime sûrement la musique mais la musique ne l'aime pas. Merde, faut bien qu'il y en ai un qui le dise, vous avez peur de quoi les mecs ?
Franck Chevalier
J'aurais pas non plus parlé comme Sagnard de Franck Chevalier (dit Franck Knight). Ce garçon fait des photos de soirées en page finale de Technikart. Sagnard en parle comme d'un type « pure » en dérive, une sorte de « personnage authentique », un branché à l'ancienne quoi, qui serait encore ouvert, avant-gardiste, etc. Bon, ben j'invite Sagnard à consulter la pathétique page finale de Tecknikart où son homme officie, et observer à quel point le travail de Franck Chevallier consiste à promouvoir systématiquement les soirées corporate/hype du Baron ou du Showcase, sans aucun esprit critique, en plombant ses textes de citations de marques, et passant complètement sous silence les autres aspects de la nuit parisienne, les autres réseaux, les autres mouvements. Je parlerais à propos de Franck Chevalier d'un affligeant manque d'intégrité professionnel.
Technikart
Mais peut être est-ce la marque de fabrique de Technikart, avec qui Sagnard est vraiment trop tolérant. J'ai une copine qui a la collection depuis déut 2007, ça a été notre cause de rupture. Avant, je ne connaissais pas. En lisant comment c'était fait, j'ai tout de suite pensé à FHM ou un truc du genre. Un truc pas sérieux, quoi, où on essaie de faire de l'humour, et où on parle des gens dont tout le monde parle et avec plein de sous-entendu sexe. En lisant plus en profondeur un des numéro, j'ai vu que ça empestait le mépris et le snobisme. A noter que j'ai rien contre, mais voilà, faut pouvoir se le permettre. On peut pas se la jouer « défricheur », « mec select' », « critique pointu » quand on ose faire sa couv', dans le même semestre, à Justice, à Benjamain Biolet, à Beigbédé et à Julien Doré. C'est pas possible. Et quand dans le même numéro on fait successivement un dossier sur Lolita Pill et un autre sur Wizman, ça relève du foutage de gueule ou de l'absolue beaufitude, au choix, j'en vois pas d'autres.
Généalogie de la branchitude
Bon, là où je ne suis pas avec Sagnard, c'est sur le « pourquoi nous en sommes arrivé là », en parlant de la tyrannie des branchés. Déjà, il procède à une généalogie de la branchitude parisienne qui me semble un tantinet subjective. Pour schématiser ce qu'il dit, aujourd'hui donc on a un milieu branché d'où ne découle que de la merde, c'est dû à un esprit fermé, manque de curiosité, bêtise quoi, d'une clique de hypeux auto-proclamés qui ont accédé finalement à ce statut par le fric, les relations de leurs parents, etc. et où c'est très difficile de rentrer. Avant, le système était autre, dans les années 70-80 (années Palace) c'est la personnalité qui primait pour entrer dans les clubs « in » de la capitale. Alain Soral a déjà tout dit sur cette période. Après, dans les années 90, l'archétype du branché était le branché « Nova », référence à la radio et au magazine de Bizot et sa « sono-mondiale ». Ensuite, le branché était le Branché « Technikart » qui était plus incrusteur. Bref, avant, le système permettait la mixité sociale et culturelle, qui selon Sagnard, expliquerait pourquoi il y avait une effervescence créative dans la branchitude.
Les années Palace
Je n'ai pas vraiment de certitude sur cette généalogie. Les années des nuits Palace devaient aussi avoir leur part de ségrégation basée sur des critères pas très cool. Les laids devaient aussi rester plus souvent à la porte, je suppose. Il était peut être plus facile de sourire et de se sentir à l'aise devant le physio d'un tel lieu quand on était fils de bourgeois parisien. La sape avait sans doute plus d'importance encore qu'aujourd'hui, alors qu'aujourd'hui, on peu avoir aucun style vestimentaire, si on est sur la liste... Disons qu'il y avait aussi des critères d'entrée forcément « injuste », et un type talentueux, ouvert, intelligent, cultivé, underground, etc. pouvait se faire refuser l'entrée parce qu'il ne savait pas se saper, intimidé, pas fort en gueule, ignorant des codes imposés, etc. Et un gros niais pouvait aussi rentrer simplement parce qu'il avait le look Basquia. Bref, j'imagine que le système de la branchitude était aussi perfectible à l'époque.
L'esprit Nova
Sur les années « Nova », je considère que le trip « sono-mondiale » et ce qui l'entourait a complètement fait flop et a engendré les pires avatars de la bobo-attitude. Je ne crois pas un seul instant, aujourd'hui, que cette branchitude là ai engendré quoi que ce soit de positif. J'ai assez fréquenté le milieu squatt du début des années 90 à Paris, et ce qui pouvait se passer dans les « quartiers du nord est parisien » pour avoir constaté à quel point tout cela fût stéril. Que retenir de l' Hopital Éphémère (Squatt du 18 ième où Sagnard a semble t'il vécu) ? Qui se souvient de FFF ? Et parmi ceux qui se souviennent, qui apprécie encore FFF ? C'était le groupe emblématique de cette scène parisienne pourtant. Qu'a donné Belleville en 20 ans ? Qu'est ce qui c'est passé là bas, dans ce « creusé multiculturel », à une époque où c'était truffé de squatts d'artistes, avec tous ces petits bars où on pouvait faire de la musique et ses boui-boui chinois ou arabes ? Entre mon arrivée sur ce territoire en 1990 et mon départ en 2008, c'est devenu un endroit bobo. De la mixité ethnique je n'ai pas observé un enrichissement culturel mais au contraire, j'ai vu une absence de culture et de « civilisation » à peu prêt généralisée. Quant à la mixité sociale qui s'est faite avec la venue des bobos et la progression sociale des arabes et des chinois (cette nouvelle bourgeoisie Bellevilloise que j'ai vu se former), je n'en ai absolument rien tiré d'un point de vu culturel, bien au contraire. Là je parle de ce que j'ai éprouvé en vivant dans ce monde « Nova », mais même en restant objectif, quel courant culturel valable est né de cela ? Qu'est ce qui est né de Belleville d'un point de vu créatif, alors que sur le papier, selon la doxa « Jack Lang », tout était réuni pour qu'une « nouvelle école » talentueuse apparaisse.
La non-mixité
C'est un point je crois où Sagnard, qui doit être un type de mon age, se plante : L'effervescence culturelle liée à la branchitude ne naît pas de la « mixité ». Mais du guetto. C'est un constat terrible pour nous qui avons cru au contraire, qui avons été éduqué par ce contraire. Les deux ou trois trucs qui tiennent la route en France ne sont pas nés de la rencontre de gens de milieux différents et de culture différente. Il y avait une interview que faudrait que je retrouve où Fred Chichin expliquait à tel point il s'était planté artistiquement en essayant de créer des « fusions » avec des diverses influences musicales (rap, raï, etc), tendance qu'il avait abandonné (d'où l'exellence du dernier Rita). Pourtant la pop française a essayé de la faire cette putain de fusion ; entre Zeda, Carte de Séjour, la période exotique de Julien Clerc, de Claude Nougaro, de Michel Berger, l' Orchestre de Barbes, FFF, etc. Évidement, toutes ces tentatives n'ont rien donné, malgré le bruit médiatique, si ce n'est de quoi animer les réunions de sos-racisme ou donner de l'espoir à Rémy Colpacopoul, l'inénarable sélectionneur musical de Radio-Nova.
De l'autre côté, les points communs entre NTM, Air, Daft-Punk, Noir Désir, et quelques autres, c'est d'une part que ça tient la route artistiquement, d'autre part, c'est qu'aucun de ces groupe n'est né d'une mixité sociale ou culturelle. Et à mon avis, tout ça est lié. J'attend encore le groupe afro-français ou techno-rap, ou metallo-raï, ou un duo prolo/bourge ou mec duy centre ville/mec de banlieue, ou que sais-je, dans l'esprit « enrichissement par les différences », qui dépasse le stade de l'esbroufe.
Ceci pour expliquer vite fait que le mythe de la mixité comme moyen d' enrichissement créatif, j'y crois moyen. Alors certes, les branchés ont besoin de cette mixité pour exister, ils ont besoin d'aller vers ce qu'ils ne connaissent pas encore pour pouvoir éventuellement se l'accaparer, mais le mec qui crée, lui n'a pas besoin de cette mixité, tout du moins, il n'a pas besoin qu'on l'organise pour lui. S'il fréquente les branchés en quêtes de nouveauté dans les boites hypes, c'est juste pour le bizeness et les avantages en nature (demies mondaines, alcool, etc.), pas pour se sentir inspiré.
Le rôle des branché n'est pas d'organiser les conditions permettant l'éclosion de mouvements culturels ou d'oeuvres artistiques, mais juste d'être un relais entre ce qui est encore méconnu et ce qui est populaire. Ça s'arrête là. Ils ne sont pas dans la création, ils sont dans la logistique. Certain en font profession. On ne peut juger alors le branché que sur sa capacité à transmettre. Que transmet t'il ?
Le branché fasciste ?
Comme on l'a vu plus haut, principalement de la daube. Outre le manque de mixité, Sagnard explique que le vrai problème, c'est que le branché est devenu « fasciste », entendez : de droite. Bon, là, évidement, je suis bien obligé d'expliquer pourquoi je pense que Sagnard se plante complètement. D'abord, je dirais à Sagnard que l'argument de gauchiste consistant à dire que tout les problèmes d'une société (même une micro-société comme celle des branchés) provient de sa tendance « fasciste », je l'ai tellement entendu de la bouche de toutes sortes d'abrutis que lire ce genre de conneries à la fin de son bouquin m'a un peu déçu. J'ai déjà eu des discussions avec des gars qui m'expliquaient que le problème de l' URSS de Staline c'était son nationalisme impérialiste, que le problème des Chinois leur libéralisme, que celui de la Corée du Nord, leur fascisme armé, que celui des Cubain c'était les Etats Unis, etc. Bref, jamais de la faute à « ce qui fait la gauche » mais toujours un emprunt à la droite.
Bon, perso, moi je ne sais pas trop où je me situe politiquement aujourd'hui, mais certainement pas à gauche. Delanoé, Ségolène, Buffet, Mamère, Besanceno, etc, je vous les laisse les gars. J'ai du mal aussi avec Sarko aussi vous me direz, et Le Pen j'arrive pas à le prendre au sérieux, pas faute d'avoir essayé. Bref, Sagnard est un type bien je crois, mais j'ai envie de lui dire : tes merdes tu te les gardes. Faut pas déconner non plus, ce qui est détestablement branché aujourd'hui, c'est purement une création de la gauche. C'est peut être devenu un truc monstrueux (ça ne sera pas la première fois que la gauche enfante d'une ignominie), mais la droite n'a pas grand chose à voir là dedans. Qu'on ne vienne pas me faire croire que les chroniqueurs des journaux branchés sont d'anciens du GUD. J'y peux rien si c'est dans un univers culturel de gauche que c'est développé le consumérisme débile actuel. Les restos bobos, les baskets à 200 euros, le ryad à Marrakech, le Point FMR, les « café charbons » faussement authentiques, les bidulle neo-hippy de chez Colette, etc. Si c'est pas le genre de truc à faire bander Jack Lang ou Delanoé, sans dec'... Tout ça empeste le mitterandisme.
Qu'on me dise pas que les « créatifs » de pub, que les RP, qui la plupart n'ont trouvé que ce job pour « rentabiliser » leur diplôme en science humaine ou que les pétasses issues de beaux arts qui bossent dans les galeries du Marais sont issus d'une culture de droite. T'en connais beaucoup des gens qui font graphiste, beaux art, socio, psycho, littérature, etc qui sont de droite, toi ? Ce genre de personne qu'on retrouve chez les branchouilles à des postes divers. Nan nan les mecs, vous vous les gardez vos freaks à la con. André Saraiva qui dirige les symboles de la branchitudes comme le baron et le Paris-Paris, il vient de la « street-culture » (il faisait des graphs). Prenons le cas de Beigbédé : Ce qui est détestablement branché chez ce mec, ce n'est pas son côté « de droite » (son frère qui monte des start up dans la finance, qui est du même milieu que lui, on ne peut rien lui reprocher), nan, c'est son côté « de gauche » de celui qui bosse dans la création contemporaine (Pub, DJ, livres à la mode, etc.) qui shlingue. La première fois que j'ai vu Wizman mixer, c'était aux 20 ans de SOS-Racisme (bon, je l'ai grillé plus tard quand je l'ai vu sur la guest list de la reception organisée par Sarko pour son election au côté de Roger Hanin, mais je crois qu'il a eu trop honte pour se pointer). J'y peux rien, camarades si « la culture de gauche » est ce qu'elle est aujourd'hui, et j'y peux rien si une bonne partie de ce qui fait la branchitude française contemporaine vient de là.
Le principe simpliste consistant à dire que tout ce qui cloche dans un phénomène est dû à une composante « fasciste » ou « de droite » n'est plus valable. On ne peut pas toujours affirmer que la maladie de la gauche est sa pollution par la droite. La gauche a ses propres tares, l'une d'elle est liée à sa fascination pour la création moderne, l'éducation des masse et le cosmopolitisme qui la pousse vers la branchitude, qui peut être hier a été « positive », mais qui aujourd'hui, tout en restant tournée à gauche, est fondamentalement négative.
L'echec de la "culture de gauche"
Et là je vais dire le truc à pas dire à un gauchiste mais bon rien à foutre en même temps : Le combat culturel les gars, vous l'avez perdu, plus que perdu même. On en est même plus à ramasser les morceaux, on regarde juste les champignons pousser sur le cadavre. On vous a laissé la main, c'est vrai que dans les années soixante et soixante dix « l'esthétique de gauche » pour résumer à gros trait, a fait kiffer un peu tout le monde (la nouvelle vague, le rock, le situationisme, etc.), mais ça pourrit doucement depuis je dirais vingt ans. Là, on se retrouve avec « plus belle la vie » à la télé, Bénabar et compagnie à la radio, Gavalda en librairie, Beigbédé en soirées, les niaiseries de Gondry au ciné et Onfray comme « The philosophe français ». C'est mort.
En parallèle, il y a des truc quand même rudement « connoté à droite » qui sont quand même bien au dessus de ces conneries. Houellebecq, les séries ricaine du style Nip/Tuc, les derniers Cronemberg, Ellroy, Ellis, le hard-core ricain, la techno allemande, tout ce qui s'écrit sur le neo-darwinisme, les reconstitution historiques US, etc. Ça vie et on ne peut pas imaginer que ces tendances sont nées dans le cerveau d'un adepte du sitting pour sans-papier.
En matière de blog, la pensé « de gauche » peut aller faire dodo, ils en sont aux blogs de libé et aux diatribes sms de skyblog, quand aucun mag branché n'a jamais osé parler de blogs « connoté à droite » comme ILYS ou Cultural Gang Bang, qui sont d'une qualité et d'une constance qui n'en finissent pas de m'épater. On est vraiment à un autre niveau, là. Bien à droite et bien snobé par les branchés, et c'est pas pour rien. Alors qu'on est dans le top qualité. Si les branchés étaient de droite, les gars de ces sites seraient aujourd'hui chef de rubrique chez WAD et consort.
Parce que le vrai problème du branché, qui devrait faire relais, c'est qu'il a fait les mauvais choix précisément en raison de son conditionnement politique simpliste. Il veut entrer dans le « monde de la culture » alors il s'est connement formaté à gauche. Mixité, métissage, tolérance droit humain et tout le tralala. Comme dit plus haut, tout ça ne donne pas grand chose de bon une fois appliqué à une forme créative (à moins de kiffer Diam's ou Jamel). Le branché est donc aussi préparé à combattre les valeurs dites « de droite » (je résume à mort, hein) comme l'élitisme, l'esprit identitaire, l'esprit de caste, le droit du plus fort, etc. Manque de bolle, c'est là dedans que « ça se passe » en matière de création actuellement, ce qui explique pourquoi dans un combat Ellroy/Pouy ou Ellis/Beigbedé ou 50cents/Diam's, etc, le propos du premier (sans même parler de sa forme) est systématiquement plus pertinent aujourd'hui que celui du deuxième.
L'échec du branché est lié en partie à son positionnement à gauche qui va aussi influer sur les formes esthétiques qu'il promeut. Dans un environnement culturel quasi monopolisé par la gauche, les plus subversifs sont « connotés à droite », voir ont une « tendance fasciste ». Le branché est naturellement intrigué par toutes formes de subversion et veut être le premier à la sortir de l'underground. Ceci explique pourquoi il faut quasiment toujours commencer par faire un minimum de provoc quand on débute une carrière artistico-médiatique. Mais ne pouvant pas légitimer la moindre oeuvre « connoté à droite », même si elle déchire grave, tout un pan de la création lui échappe.
Alors on pourra toujours me dire « l' art n'est pas idéologie, ça n'a rien à voir avec la gauche, la droite, etc. ». C' est ce qu'on dit, mais il se trouve que les formes esthétiques naissent d'idées sous-jacentes qui peu ou prou acceptent le classement simpliste opéré par les Jacobins et les Montagnards. Les références culturelles et esthétiques des uns et des autres diffèrent sur bien des points, et on imagine aisément que la bibliothèque, la videothèque et la déco chez un chroniqueur culturel de chez Valeurs Actuelles sera différente que chez son confrère du Nouvel Obs. Le rejet de « la culture de droite » par les branchés peut expliquer leur cécité, leur incapacité à saisir des références qu'ils ne comprennent pas, en tout cas leur refus de les cautionner, pour aboutir à un conformisme abyssale, une prévisibilité de tout instant. Ils n'ont rien vu venir.
Pour en finir
Bref, je suis un peu obligé de faire dans la caricature, tout ça est très discutable, et c'est bien pour ça que le livre de Sagnard est intéressant. Il fait réagir. On en arrive alors à ce paradoxe amusant : Le branché français d'aujourd'hui est devenu obsolète. Qu'il soit bobo, hype, dandy ou bling-bling il est profondément ringard, ayant perdu toute fonction, il fait figure de zombi. Il n'y a pas plus plouc qu'un branché parisien, en somme. Le mec vraiment hype, il fait de la techno à Laval, il blog à Fréjus ou Menton, il squatte un hangar à Brest, il bricole à Bangkok, il résaute de Strasbourg, il spleen au fin fond de la Normandie, pour lui, le Paris-Paris c'est le Macumba-Club où il passe pour s'imprégner de l'ambiance bouzeux et niquer des autochtones.
Cordialement.
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jeudi, 26 juin 2008
Taxes
Je lis dans Le Parisien que l' Etat va taxer le téléphone (mobile) pour financer la télé (sans pub).
Donc, moi qui n'ai pas de télé, je vais payer pour ceux qui ont une télé. Prime à la connerie (avoir la télé de nos jours, franchement, ce n'est pas sérieux) Puisqu'on est dans le principe de taxer ce qui est dans la catégorie utilitaire (le téléphone) pour financer la catégorie loisir (la télé), je propose ces initiatives là :
Taxer les médicaments pour financer la gay pride
Taxer l'énergie pour financer la fête de la musique
Taxer l'eau pour financer l'industrie viticole
Taxer le livre pour financer le jeu vidéo.
Taxer l'enseignement pour financer le Turf
13:21 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 08 mai 2008
J'ai des références littéraires très pointues
Le jour où Michel Colucci a dit « La dictature c'est ferme ta gueule, la démocratie c'est cause toujours », il est passé du stade de comique à celui de grand philosophe. C'est typiquement le genre de phrase qui pousse à écrire des thèses, autant que « j'aime pas tes idée mais je mourrais pour que tu les exprimes » (Voltaire), « on ne naît pas femme on le devient » (Beauvoire), et d'autres phrases que là j'ai pas en tête. La sentence de Colucci, on le sent bien, est née d'une profonde réflexion et elle mérite de servir de point de départ à une analyse précise et exhaustive. De cette pensée très subversive peut partir un mouvement de pensée global.
16:30 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 25 avril 2008
Je cogite sur les fake-2
Je cogite sur le thème des fakes. Faites pas attention.
Définition 1 : Personne dissimulant ses valeurs sous un apparat esthétique tel que le look, le discours, l'attitude.
Définition 2 : Personne incompétente qui se comporte comme une personne compétente. La notion de compétence s'entend au sens large : Être punk est une compétence, être une chaudasse aussi, être un prolo aussi, etc.
Notions proches : Usurpateur, escroc, profiteur, poseur, comédien, mystificateur.
Buts : Échapper au inconvénients de sa condition sociale ou/et acquérir le prestige d'une caste autre que la sienne ou/et diffuser une image de marque ou/et entrisme professionnel ou/et curiosité/expérimentation/expérience/jeu ou/et goût du secret/dissimulation/travestissement ou/et pudeur ou/et envie d'évoluer ou/et recherche de repères ou/et travail sur soi et/ou adaptation à l'environnement. And more.
Remarques sociale : Être poussé vers la fake attitude par adaptation environnemental : Imiter ses collègues ou ses voisins par exemple pour s'intégrer. Pression sociale forte : Se la jouer anti-raciste par exemple. Condamnation de ses propre valeurs par la société : dissimuler son conservatisme ou son parasitage par exemple en se la jouant progressiste et actif. Condamnation de son histoire : dissimuler sa culture familiale, religieuse, etc.
Remarques stratégique : stratégie du « comme si », influencé par la psychologie populaire (livres et chroniques « how to. ») Valeur de la « confiance en soi » (même quand on est un blaireau) comme principe de réussite (et moins le professionnalisme, l'honnêteté, le talent, etc, valeurs rétros). Efficacité de la stratégie (réussite sociale de nombreux fakes).
Remarques séduction : Technique de drague. Envie de plaire au sexe opposé. Se donner une image séduisante. Société de liberté sexuelle, donc de compétition sexuelle exacerbée.
Remarque marketing : De la nécessité d'être un fake dans l'entreprise moderne. Influence de la publicité (« avoir pour être », pour mal résumer), de la télévision et du cinéma (modèles de référence des personnages). Critère d'image de marque. Hausse du secteur mode/design. Phénomène « people » (références esthétique et comportementale). Disponibilité de produits et tendances élaborés selon des valeurs inconnues (produit étranger, normes industrielles, étude marketing), d'où décalage entre l'esprit du créateur et celui de l'utilisateur. Exemple : look rasta sans rien savoir de la pensée rasta. Influence des DRH (de la nécessité de coller aux critères définis par la socio/psycho académique). Credo d'entreprise (nécessité de coller à un modèle comportemental défini par la hiérarchie). Nécessité du réseautage avec les signes distinctifs induits.
Remarque Politique : Se comporter comme nos chefs ou/et en opposition (phénomène anthropologique). La population s'inspire pour son usage de la gestion d'image des politiques et du discours formaté. Perte d'influence des chefs sur la question sociale et économique, mais influence en hausse sur les questions de morale, de valeur, de civilité, de moeurs, de comportement, etc.
Divers : la fake attitude est un comportement individuel lié à l'adaptation environnementale. Comprendre l'individu fake, c'est comprendre la société contemporaine qui l'influence. L'amplification du phénomène fake démontre une amplification de la pression sociale. Le phénomène fake peut il disparaître avec une profonde mutation de la société ? Les masses peuvent elles modifier la société en modifiant leurs comportements fake ?
Enfin bref, je me demande après coup si c'est pas un sujet foireux, d'autant que je me promet régulièrement de ne plus aborder les sujets désagréables. Je devrais plutôt m'intéresser à l'opposé du fake, c'est à dire l' « être authentique », pour peu qu'il existe et que ça ai une signification. Individu « en accord avec lui même » prenant ainsi le risque d'être « en désaccord avec la société ». Stratégie pouvant se révéler foireuse, soit dit en passant (clochardisation, délinquance, exclusion du groupe, narcissisme, etc.). Le fake a peut être bien raison d'être un fake, à la réflexion.
11:54 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 10 avril 2008
J'ai une théorie sur les FAKE
J'ai eu l'idée d'un livre à écrire, en fait, j'ai juste son titre : FAKE. Ça serait un roman sur le monde des fake (les gens bidons, si vous préférez). J'ai déjà en tête plusieurs personnages qui existent dans le réel, je les connais : Un agent de surface qui va au travail habillé en cadre supérieur (son bleu de travail bien rangé dans un attaché case), un parasite bourgeois qui la joue révolutionnaire socialiste, une fille habillée en pute qui ne baise pas, un punk qui chausse des Charentaises le soir venu, etc.
Nous vivons vraiment dans une société de fake, comme si les gens voulaient dissimuler ce qu'ils sont vraiment, et ne montrer que ce qu'ils voudraient être. Il y a une stratégie dans la fake attitude ; entrer dans des mondes autres que le sien, bénéficier des avantages sans fournir l'effort induit par l'appartenance à cet autre monde. Il y a aussi une forme de mesquinerie à être un fake, on n'a pas à partager notre propre monde avec autrui, ou respecter les obligations tacites liées à notre propre appartenance, juste prendre sans donner. C'est un monde d'usurpateur et de parasites.
Je me demande à quel point je suis un fake. Je suis bien obligé d'admettre que souvent je joue un rôle, parfois, le rôle de Chictype, d'autre fois le rôle de Mr Prostitution. Cependant, la démarche n'est pas de tromper, seulement offrir un aspect de moi, dans des configurations précises, avec des personnages que j'ai crée de toute pièce (qui souvent m'isolent du monde des autres), de même que je règle mon attitude en fonction de ce qu'on attend de moi dans le milieu du travail ou avec la justice. Je ne suis pas un fake qui marche sur les plate bande d'une être authentique, être fake peut être une oeuvre créative et pas seulement une escroquerie.
Il m'arrive aussi de me faire passer pour un journaliste, un cadre supérieur ou un membre de la Jet Set pour entrer dans des soirées promotionnelle. J'ai alors le sentiment de feinter le monde corporate, je suis usurpateur et parasite, mais je sais à qui je fais subir cela : à une structure déshumanisée. Cependant, je peux comprendre que ceux qui ont eu du mal pour se faire inviter dans ce genre de soirée, en passant par la voie habituelle du travail et des relations humaines, puissent trouver injuste que par la fake attitude, je bénéficie des mêmes avantages qu'eux, sans l'effort fourni en aval.
Et puis, être un fake peut faire partie de l'identité des gens, je peux aimer le rôle que quelqu'un joue, tout en sachant que c'est un rôle, sans qu'il y ai tromperie sur la marchandise. La fake attitude n'est pas qu'une vilaine déviance. C'est aussi un processus de transformation de soi, basé sur la théorie psychologique du comme si., on peut alors être un fake provisoirement, le temps de devenir authentiquement le personnage que l'on incarne.
S'il doit y avoir un livre à écrire sur les fake, ça ne pourra pas être un livre complètement contre, après tout, comme la mythomanie, être un fake n'a en général de conséquences fâcheuses que pour le fake. Mais il serait intéressant de voir qui est gagnant et qui est perdant. Il serait aussi intéressant d'observer comment se fait la compétition entre les gens fake et les gens authentique dans un même domaine. Par exemple, le bourgeois conservateur qui se donne des airs rebelles a semble t'il plus d'influence que le rebelle véritable, il le parasite et prend sa place, du moins dans les médias. Le rebelle fake, qui ne connaît pas les inconvénients d'être un vrai rebelle ne pratique t'il pas de la concurrence déloyale ? Par exemple, dénoncer le monde bourgeois tout en appartenant à ce monde, n'est ce pas refuser l'entrée de ce monde aux autres tout en se faisant accepter dans le monde des autres ? Monde des non-bourgeois où , à compétence égale, le bourgeois aura un avantage, notamment pour financer ses projets, obtenir l'appuie de la bourgeoisie, trouver le confort que la bourgeoisie lui offre, ou séduire les femmes des non-bourgeois. Ceci sans avoir à respecter les usage de la bourgeoisie, comme prêter de l'argent ou payer l'addition, et en dissimulant en permanence ce qu'il peut avoir à offrir, comme des week-end sur la côte ou un carnet d'adresse, qu'il ne partage qu'avec les gens de sa caste (sans quoi, son identité fake serait mise à jour). Certains fake sont donc extrêmement nuisible et n'apportent rien, juste là pour prendre sans rien donner.
A l'inverse, l'individu socialement défavorisé qui joue au fake bourgeois a t'il vraiment la possibilité de s'imposer dans le monde qu'il convoite ? Peut il faire croire qu'il est riche aussi facilement que le riche peut faire croire qu'il est pauvre ? Il conviendra de vérifier si la fake attitude n'est pas, avant tout, une invention des puissants pour accaparer sans donner. Le phénomène de récupération par la bourgeoisie de l'esthétique populaire, métamorphosé par les valeurs bourgeoises (le mouvement Punk et Techno par exemple, musique de creuvard à l'origine, qui appartient aujourd'hui à la jeunesse dorée qui la pratique ou la vend) est un signe flagrant, la forte présence aussi des bourgeois dans l'univers bohème de l'art contemporain, de la littérature ou de la comédie en est un autre ; ici, le bourgeois jouit de la liberté de la bohème, sans les inconvénients de la pauvreté (et ses avatars psychologiques annihilateurs)
Le phénomène du fake serait un phénomène contemporain lié à la notion de libre arbitre. Nous vivons dans une société où les individus sont censés choisir leur vie, métier, orientation sexuelle, religion, idées philosophique, etc., avoir ainsi la possibilité de créer son personnage. Cependant, le libre arbitre a un relation étroite avec le statut social, exercer son libre arbitre est surtout valable pour les gens qui ont les moyen financier et le bagage culturel pour faire des choix de vie. Ainsi, la déification de la notion de libre arbitre permet au bourgeois d'échapper à ses carcans traditionnels ( responsabilité morale vis à vis des défavorisés, valeurs catholiques, devoir familial et dynastique, etc.) notamment en utilisant la stratégie fake (phénomènes bobo, bourgeois décadent, gauche caviard, etc.) mais ne permet pas au prolo, lui, d' échapper aux siens (métro, boulot,dodo, etc.), même avec la stratégie Fake (sac Prada, fausse Rolex, voyages low cost, etc.). Pire, le mélange de fake de toutes classes permet au fake d'origine bourgeoise d' être mis sur un piédestal et de piquer les femmes des prolos.
Je parlais plus haut de « concurrence déloyale », il est possible que l'absence de loyauté, détectée dans la fake attitude, soit en réalité une des caractéristique essentielle de la démocratie, la fake attitude n'étant qu'un révélateur, le spectacle de la vie politique en démocratie Française pouvant servir de preuve. Enfin, c'est à développer.
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