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mardi, 26 août 2008

Vous êtes sur la liste ?

Texte un peu long pour un blog, je voulais parler d'un livre et je me suis mis à partir dans tous les sens. Il sera question des branchés, de la hype, de Beigbédé, de la culture de gauche et de droite, de la ringardise, etc.

Lu le livre d' Arnaud Sagnard « Vous êtes sur la liste ? -Enquête sur la tyrannie des branchés. ». Essai de sociologie amusante sur les branchés parisiens et plus particulièrement « la hype ».

L' auteur démontre que ce milieu s'est éloigné de sa fonction d'origine qui était l'ouverture d'esprit, le mélange social et culturel, l'esprit critique, etc. Le monde des branchés devenant aujourd'hui un monde tout pourri peuplé de types conformistes, cyniques, consuméristes et fermés. Sagnard tire sur tout ce qui bouge (une ambulance ?) et il a bien raison. Dans la veine gonzo on le voit débarquer dans les soirées à la con du Baron et du Paris-Paris pour y décrire la médiocrité ambiante. Le sujet n'est pas anodin. Ce milieu branché est en grande parti responsable de la médiocrité de la création française actuelle.

Les branchés ont une fonction importante : diffuser dans le reste de la société un certain nombre de valeurs qui à l'origine sont underground, via la création. On ne peut que constater, au vu du résultat actuel, que les branchés ne font plus leur boulot, et c'est pas d'hier. D'où la daube qui passe sur les radios grand public, à la télé ou en librairie et la merde qu'ils foutent dans le crâne des gens. On peut faire du « name dropping » : en gros, les branchés ont cautionné Beigbedé, Justice, la télé-réalité, Lolita Pill, Ariel Wizman, l'attitude hard-to-get des nanas, l'attitude bobo, etc. Ça mérite bien le châtiment du lance-flamme, nan ?

Bon, j'ai pas envie de jouer au critique littéraire mais juste rebondir sur ce que dit ce bouquin, apporter quelques précisions et digresser allègrement. Donc c'est bien écrit, ça se lit vite, c'est drôle et triste en même temps, et Sagnard ose souhaiter la mort physique de quelques personnalités détestables, c'est quand même bien cool.

Beigbeder

Parfois il n'est pas assez méchant à mon goût. Avec Beigbeder il n'est pas si taquin. Il oublie que la trajectoire de personnage n'a pas commencé avec le Caca's club (la machine à faire du relationnel de ses débuts) mais avec les rallyes, interdits aux non-bourgeois. Quand Beigbeder explique à Sagnard qu'il ne faut pas le confondre avec son personnage de 99F, il se fout de sa gueule. Il y a dans 99F des moment où Beigbeder révèle ce qu'il est ou ce qu'il veut être, et dans le film (vous pensez bien que j'ai pas lu ça, ses « nouvelles sous extasy » m'avaient vacciné), le moments de sincérité sont les plus à vomir. Par exemple, quand le héros essaie de vendre une campagne de pub originale, et face au refus de son client, fait une déprime de gosse de riche. Extraits : http://fr.youtube.com/watch?v=N7NglWIwtdg&feature=rel... . Après ça, le héros décide de saboter la campagne de pub ( http://fr.youtube.com/watch?v=aAWqRVug3Pk) C'est la scène où le héros décide de « devenir lui même », c'est à dire Beigbédé, ou ce qu'il voudrait être. Et là, on découvre un type qui prend son métier de publicitaire vraiment à coeur, il y croit tant à la publicité que le refus de son idée créative le rend malade. Il ne critique pas la pub, il critique l'industrie (c'est à dire le monde réellement productif). Dans son système de valeur, le publicitaire devrait dicter sa conduite au monde productif. Pour lui, un type qui s'occupe d'usines de production alimentaire a moins de légitimité qu'un publicitaire. Il met en place une confrontation entre un type (le méchant du film) qui crée des emplois, qui fabrique de la nourriture, qui transforme une matière première, qu'est forcément un peu beauf, avec un autre type (le sympathique du film) qui sait rien foutre de ses dix doigts, surpayé, véritable parasite des économies modernes et assez dégueulasse pour trahir son poartenaire pour des raisons purement égocentrique (auxquelles il donne un alibi politique puéril). Bref, j'avais prévenu, j'allais faire de la digression...

Wizman

Trop gentil aussi avec Wizman. Je ne connais de ce garçon là que ses mixs (je n'ai pas la télé). A chaque fois, j'ai trouvé ça naze et prétentieux. C'est le DJ qui passe des disques world qu'il a été chercher à Rio ou Moscou et on sent le mec qui veut étaler sa science. Le truc, c'est qu'il ne sait pas faire bouger une salle ni lui donner une bonne ambiance, ses enchaînements sont bâclés, et ses choix « sono-mondial » à la masse. Le problème du « son-nova » des années 90, c'est que tout le monde s'en bat les couilles aujourd'hui. Un jour je lisais un article sur ce sympathique Ariel où il posait dans une pièce où il entrepose ses disques. Impressionnant le nombre. Je suppose que le mec est plus préoccupé par la quantité que par la qualité. J'ai rigolé quand dans un Techknikart le journaleux parlait de « la sortie du prochain disque de Wizman ». Une doule page je crois. Wizman commet des morceaux electro sous le nom de « grand popo football club » et j'invite tout le monde à aller chopper les mp3 pour se rendre compte à tel point les mots me manque pour évoquer l'absolue médiocrité de cette production. Bref, Wizman aime sûrement la musique mais la musique ne l'aime pas. Merde, faut bien qu'il y en ai un qui le dise, vous avez peur de quoi les mecs ?

Franck Chevalier

J'aurais pas non plus parlé comme Sagnard de Franck Chevalier (dit Franck Knight). Ce garçon fait des photos de soirées en page finale de Technikart. Sagnard en parle comme d'un type « pure » en dérive, une sorte de « personnage authentique », un branché à l'ancienne quoi, qui serait encore ouvert, avant-gardiste, etc. Bon, ben j'invite Sagnard à consulter la pathétique page finale de Tecknikart où son homme officie, et observer à quel point le travail de Franck Chevallier consiste à promouvoir systématiquement les soirées corporate/hype du Baron ou du Showcase, sans aucun esprit critique, en plombant ses textes de citations de marques, et passant complètement sous silence les autres aspects de la nuit parisienne, les autres réseaux, les autres mouvements. Je parlerais à propos de Franck Chevalier d'un affligeant manque d'intégrité professionnel.

Technikart

Mais peut être est-ce la marque de fabrique de Technikart, avec qui Sagnard est vraiment trop tolérant. J'ai une copine qui a la collection depuis déut 2007, ça a été notre cause de rupture. Avant, je ne connaissais pas. En lisant comment c'était fait, j'ai tout de suite pensé à FHM ou un truc du genre. Un truc pas sérieux, quoi, où on essaie de faire de l'humour, et où on parle des gens dont tout le monde parle et avec plein de sous-entendu sexe. En lisant plus en profondeur un des numéro, j'ai vu que ça empestait le mépris et le snobisme. A noter que j'ai rien contre, mais voilà, faut pouvoir se le permettre. On peut pas se la jouer « défricheur », « mec select' », « critique pointu » quand on ose faire sa couv', dans le même semestre, à Justice, à Benjamain Biolet, à Beigbédé et à Julien Doré. C'est pas possible. Et quand dans le même numéro on fait successivement un dossier sur Lolita Pill et un autre sur Wizman, ça relève du foutage de gueule ou de l'absolue beaufitude, au choix, j'en vois pas d'autres.

Généalogie de la branchitude

Bon, là où je ne suis pas avec Sagnard, c'est sur le « pourquoi nous en sommes arrivé là », en parlant de la tyrannie des branchés. Déjà, il procède à une généalogie de la branchitude parisienne qui me semble un tantinet subjective. Pour schématiser ce qu'il dit, aujourd'hui donc on a un milieu branché d'où ne découle que de la merde, c'est dû à un esprit fermé, manque de curiosité, bêtise quoi, d'une clique de hypeux auto-proclamés qui ont accédé finalement à ce statut par le fric, les relations de leurs parents, etc. et où c'est très difficile de rentrer. Avant, le système était autre, dans les années 70-80 (années Palace) c'est la personnalité qui primait pour entrer dans les clubs « in » de la capitale. Alain Soral a déjà tout dit sur cette période. Après, dans les années 90, l'archétype du branché était le branché « Nova », référence à la radio et au magazine de Bizot et sa « sono-mondiale ». Ensuite, le branché était le Branché « Technikart » qui était plus incrusteur. Bref, avant, le système permettait la mixité sociale et culturelle, qui selon Sagnard, expliquerait pourquoi il y avait une effervescence créative dans la branchitude.

Les années Palace

Je n'ai pas vraiment de certitude sur cette généalogie. Les années des nuits Palace devaient aussi avoir leur part de ségrégation basée sur des critères pas très cool. Les laids devaient aussi rester plus souvent à la porte, je suppose. Il était peut être plus facile de sourire et de se sentir à l'aise devant le physio d'un tel lieu quand on était fils de bourgeois parisien. La sape avait sans doute plus d'importance encore qu'aujourd'hui, alors qu'aujourd'hui, on peu avoir aucun style vestimentaire, si on est sur la liste... Disons qu'il y avait aussi des critères d'entrée forcément « injuste », et un type talentueux, ouvert, intelligent, cultivé, underground, etc. pouvait se faire refuser l'entrée parce qu'il ne savait pas se saper, intimidé, pas fort en gueule, ignorant des codes imposés, etc. Et un gros niais pouvait aussi rentrer simplement parce qu'il avait le look Basquia. Bref, j'imagine que le système de la branchitude était aussi perfectible à l'époque.

L'esprit Nova

Sur les années « Nova », je considère que le trip « sono-mondiale » et ce qui l'entourait a complètement fait flop et a engendré les pires avatars de la bobo-attitude. Je ne crois pas un seul instant, aujourd'hui, que cette branchitude là ai engendré quoi que ce soit de positif. J'ai assez fréquenté le milieu squatt du début des années 90 à Paris, et ce qui pouvait se passer dans les « quartiers du nord est parisien » pour avoir constaté à quel point tout cela fût stéril. Que retenir de l' Hopital Éphémère (Squatt du 18 ième où Sagnard a semble t'il vécu) ? Qui se souvient de FFF ? Et parmi ceux qui se souviennent, qui apprécie encore FFF ? C'était le groupe emblématique de cette scène parisienne pourtant. Qu'a donné Belleville en 20 ans ? Qu'est ce qui c'est passé là bas, dans ce « creusé multiculturel », à une époque où c'était truffé de squatts d'artistes, avec tous ces petits bars où on pouvait faire de la musique et ses boui-boui chinois ou arabes ? Entre mon arrivée sur ce territoire en 1990 et mon départ en 2008, c'est devenu un endroit bobo. De la mixité ethnique je n'ai pas observé un enrichissement culturel mais au contraire, j'ai vu une absence de culture et de « civilisation » à peu prêt généralisée. Quant à la mixité sociale qui s'est faite avec la venue des bobos et la progression sociale des arabes et des chinois (cette nouvelle bourgeoisie Bellevilloise que j'ai vu se former), je n'en ai absolument rien tiré d'un point de vu culturel, bien au contraire. Là je parle de ce que j'ai éprouvé en vivant dans ce monde « Nova », mais même en restant objectif, quel courant culturel valable est né de cela ? Qu'est ce qui est né de Belleville d'un point de vu créatif, alors que sur le papier, selon la doxa « Jack Lang », tout était réuni pour qu'une « nouvelle école » talentueuse apparaisse.

La non-mixité

C'est un point je crois où Sagnard, qui doit être un type de mon age, se plante : L'effervescence culturelle liée à la branchitude ne naît pas de la « mixité ». Mais du guetto. C'est un constat terrible pour nous qui avons cru au contraire, qui avons été éduqué par ce contraire. Les deux ou trois trucs qui tiennent la route en France ne sont pas nés de la rencontre de gens de milieux différents et de culture différente. Il y avait une interview que faudrait que je retrouve où Fred Chichin expliquait à tel point il s'était planté artistiquement en essayant de créer des « fusions » avec des diverses influences musicales (rap, raï, etc), tendance qu'il avait abandonné (d'où l'exellence du dernier Rita). Pourtant la pop française a essayé de la faire cette putain de fusion ; entre Zeda, Carte de Séjour, la période exotique de Julien Clerc, de Claude Nougaro, de Michel Berger, l' Orchestre de Barbes, FFF, etc. Évidement, toutes ces tentatives n'ont rien donné, malgré le bruit médiatique, si ce n'est de quoi animer les réunions de sos-racisme ou donner de l'espoir à Rémy Colpacopoul, l'inénarable sélectionneur musical de Radio-Nova.

De l'autre côté, les points communs entre NTM, Air, Daft-Punk, Noir Désir, et quelques autres, c'est d'une part que ça tient la route artistiquement, d'autre part, c'est qu'aucun de ces groupe n'est né d'une mixité sociale ou culturelle. Et à mon avis, tout ça est lié. J'attend encore le groupe afro-français ou techno-rap, ou metallo-raï, ou un duo prolo/bourge ou mec duy centre ville/mec de banlieue, ou que sais-je, dans l'esprit « enrichissement par les différences », qui dépasse le stade de l'esbroufe.

Ceci pour expliquer vite fait que le mythe de la mixité comme moyen d' enrichissement créatif, j'y crois moyen. Alors certes, les branchés ont besoin de cette mixité pour exister, ils ont besoin d'aller vers ce qu'ils ne connaissent pas encore pour pouvoir éventuellement se l'accaparer, mais le mec qui crée, lui n'a pas besoin de cette mixité, tout du moins, il n'a pas besoin qu'on l'organise pour lui. S'il fréquente les branchés en quêtes de nouveauté dans les boites hypes, c'est juste pour le bizeness et les avantages en nature (demies mondaines, alcool, etc.), pas pour se sentir inspiré.

 

Le rôle des branché n'est pas d'organiser les conditions permettant l'éclosion de mouvements culturels ou d'oeuvres artistiques, mais juste d'être un relais entre ce qui est encore méconnu et ce qui est populaire. Ça s'arrête là. Ils ne sont pas dans la création, ils sont dans la logistique. Certain en font profession. On ne peut juger alors le branché que sur sa capacité à transmettre. Que transmet t'il ?

Le branché fasciste ?

Comme on l'a vu plus haut, principalement de la daube. Outre le manque de mixité, Sagnard explique que le vrai problème, c'est que le branché est devenu « fasciste », entendez : de droite. Bon, là, évidement, je suis bien obligé d'expliquer pourquoi je pense que Sagnard se plante complètement. D'abord, je dirais à Sagnard que l'argument de gauchiste consistant à dire que tout les problèmes d'une société (même une micro-société comme celle des branchés) provient de sa tendance « fasciste », je l'ai tellement entendu de la bouche de toutes sortes d'abrutis que lire ce genre de conneries à la fin de son bouquin m'a un peu déçu. J'ai déjà eu des discussions avec des gars qui m'expliquaient que le problème de l' URSS de Staline c'était son nationalisme impérialiste, que le problème des Chinois leur libéralisme, que celui de la Corée du Nord, leur fascisme armé, que celui des Cubain c'était les Etats Unis, etc. Bref, jamais de la faute à « ce qui fait la gauche » mais toujours un emprunt à la droite.

 

Bon, perso, moi je ne sais pas trop où je me situe politiquement aujourd'hui, mais certainement pas à gauche. Delanoé, Ségolène, Buffet, Mamère, Besanceno, etc, je vous les laisse les gars. J'ai du mal aussi avec Sarko aussi vous me direz, et Le Pen j'arrive pas à le prendre au sérieux, pas faute d'avoir essayé. Bref, Sagnard est un type bien je crois, mais j'ai envie de lui dire : tes merdes tu te les gardes. Faut pas déconner non plus, ce qui est détestablement branché aujourd'hui, c'est purement une création de la gauche. C'est peut être devenu un truc monstrueux (ça ne sera pas la première fois que la gauche enfante d'une ignominie), mais la droite n'a pas grand chose à voir là dedans. Qu'on ne vienne pas me faire croire que les chroniqueurs des journaux branchés sont d'anciens du GUD. J'y peux rien si c'est dans un univers culturel de gauche que c'est développé le consumérisme débile actuel. Les restos bobos, les baskets à 200 euros, le ryad à Marrakech, le Point FMR, les « café charbons » faussement authentiques, les bidulle neo-hippy de chez Colette, etc. Si c'est pas le genre de truc à faire bander Jack Lang ou Delanoé, sans dec'... Tout ça empeste le mitterandisme.

 

Qu'on me dise pas que les « créatifs » de pub, que les RP, qui la plupart n'ont trouvé que ce job pour « rentabiliser » leur diplôme en science humaine ou que les pétasses issues de beaux arts qui bossent dans les galeries du Marais sont issus d'une culture de droite. T'en connais beaucoup des gens qui font graphiste, beaux art, socio, psycho, littérature, etc qui sont de droite, toi ? Ce genre de personne qu'on retrouve chez les branchouilles à des postes divers. Nan nan les mecs, vous vous les gardez vos freaks à la con. André Saraiva qui dirige les symboles de la branchitudes comme le baron et le Paris-Paris, il vient de la « street-culture » (il faisait des graphs). Prenons le cas de Beigbédé : Ce qui est détestablement branché chez ce mec, ce n'est pas son côté « de droite » (son frère qui monte des start up dans la finance, qui est du même milieu que lui, on ne peut rien lui reprocher), nan, c'est son côté « de gauche » de celui qui bosse dans la création contemporaine (Pub, DJ, livres à la mode, etc.) qui shlingue. La première fois que j'ai vu Wizman mixer, c'était aux 20 ans de SOS-Racisme (bon, je l'ai grillé plus tard quand je l'ai vu sur la guest list de la reception organisée par Sarko pour son election au côté de Roger Hanin, mais je crois qu'il a eu trop honte pour se pointer). J'y peux rien, camarades si « la culture de gauche » est ce qu'elle est aujourd'hui, et j'y peux rien si une bonne partie de ce qui fait la branchitude française contemporaine vient de là.

 

Le principe simpliste consistant à dire que tout ce qui cloche dans un phénomène est dû à une composante « fasciste » ou « de droite » n'est plus valable. On ne peut pas toujours affirmer que la maladie de la gauche est sa pollution par la droite. La gauche a ses propres tares, l'une d'elle est liée à sa fascination pour la création moderne, l'éducation des masse et le cosmopolitisme qui la pousse vers la branchitude, qui peut être hier a été « positive », mais qui aujourd'hui, tout en restant tournée à gauche, est fondamentalement négative.

L'echec de la "culture de gauche"

Et là je vais dire le truc à pas dire à un gauchiste mais bon rien à foutre en même temps : Le combat culturel les gars, vous l'avez perdu, plus que perdu même. On en est même plus à ramasser les morceaux, on regarde juste les champignons pousser sur le cadavre. On vous a laissé la main, c'est vrai que dans les années soixante et soixante dix « l'esthétique de gauche » pour résumer à gros trait, a fait kiffer un peu tout le monde (la nouvelle vague, le rock, le situationisme, etc.), mais ça pourrit doucement depuis je dirais vingt ans. Là, on se retrouve avec « plus belle la vie » à la télé, Bénabar et compagnie à la radio, Gavalda en librairie, Beigbédé en soirées, les niaiseries de Gondry au ciné et Onfray comme « The philosophe français ». C'est mort.

 

En parallèle, il y a des truc quand même rudement « connoté à droite » qui sont quand même bien au dessus de ces conneries. Houellebecq, les séries ricaine du style Nip/Tuc, les derniers Cronemberg, Ellroy, Ellis, le hard-core ricain, la techno allemande, tout ce qui s'écrit sur le neo-darwinisme, les reconstitution historiques US, etc. Ça vie et on ne peut pas imaginer que ces tendances sont nées dans le cerveau d'un adepte du sitting pour sans-papier.

 

En matière de blog, la pensé « de gauche » peut aller faire dodo, ils en sont aux blogs de libé et aux diatribes sms de skyblog, quand aucun mag branché n'a jamais osé parler de blogs « connoté à droite » comme ILYS ou Cultural Gang Bang, qui sont d'une qualité et d'une constance qui n'en finissent pas de m'épater. On est vraiment à un autre niveau, là. Bien à droite et bien snobé par les branchés, et c'est pas pour rien. Alors qu'on est dans le top qualité. Si les branchés étaient de droite, les gars de ces sites seraient aujourd'hui chef de rubrique chez WAD et consort.

 

Parce que le vrai problème du branché, qui devrait faire relais, c'est qu'il a fait les mauvais choix précisément en raison de son conditionnement politique simpliste. Il veut entrer dans le « monde de la culture » alors il s'est connement formaté à gauche. Mixité, métissage, tolérance droit humain et tout le tralala. Comme dit plus haut, tout ça ne donne pas grand chose de bon une fois appliqué à une forme créative (à moins de kiffer Diam's ou Jamel). Le branché est donc aussi préparé à combattre les valeurs dites « de droite » (je résume à mort, hein) comme l'élitisme, l'esprit identitaire, l'esprit de caste, le droit du plus fort, etc. Manque de bolle, c'est là dedans que « ça se passe » en matière de création actuellement, ce qui explique pourquoi dans un combat Ellroy/Pouy ou Ellis/Beigbedé ou 50cents/Diam's, etc, le propos du premier (sans même parler de sa forme) est systématiquement plus pertinent aujourd'hui que celui du deuxième.

 

L'échec du branché est lié en partie à son positionnement à gauche qui va aussi influer sur les formes esthétiques qu'il promeut. Dans un environnement culturel quasi monopolisé par la gauche, les plus subversifs sont « connotés à droite », voir ont une « tendance fasciste ». Le branché est naturellement intrigué par toutes formes de subversion et veut être le premier à la sortir de l'underground. Ceci explique pourquoi il faut quasiment toujours commencer par faire un minimum de provoc quand on débute une carrière artistico-médiatique. Mais ne pouvant pas légitimer la moindre oeuvre « connoté à droite », même si elle déchire grave, tout un pan de la création lui échappe.

 

Alors on pourra toujours me dire « l' art n'est pas idéologie, ça n'a rien à voir avec la gauche, la droite, etc. ». C' est ce qu'on dit, mais il se trouve que les formes esthétiques naissent d'idées sous-jacentes qui peu ou prou acceptent le classement simpliste opéré par les Jacobins et les Montagnards. Les références culturelles et esthétiques des uns et des autres diffèrent sur bien des points, et on imagine aisément que la bibliothèque, la videothèque et la déco chez un chroniqueur culturel de chez Valeurs Actuelles sera différente que chez son confrère du Nouvel Obs. Le rejet de « la culture de droite » par les branchés peut expliquer leur cécité, leur incapacité à saisir des références qu'ils ne comprennent pas, en tout cas leur refus de les cautionner, pour aboutir à un conformisme abyssale, une prévisibilité de tout instant. Ils n'ont rien vu venir.

Pour en finir

Bref, je suis un peu obligé de faire dans la caricature, tout ça est très discutable, et c'est bien pour ça que le livre de Sagnard est intéressant. Il fait réagir. On en arrive alors à ce paradoxe amusant : Le branché français d'aujourd'hui est devenu obsolète. Qu'il soit bobo, hype, dandy ou bling-bling il est profondément ringard, ayant perdu toute fonction, il fait figure de zombi. Il n'y a pas plus plouc qu'un branché parisien, en somme. Le mec vraiment hype, il fait de la techno à Laval, il blog à Fréjus ou Menton, il squatte un hangar à Brest, il bricole à Bangkok, il résaute de Strasbourg, il spleen au fin fond de la Normandie, pour lui, le Paris-Paris c'est le Macumba-Club où il passe pour s'imprégner de l'ambiance bouzeux et niquer des autochtones.

 

Cordialement.

mercredi, 13 août 2008

The Köln Concert de Keith Jarrett

mardi, 12 août 2008

Les années JD

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lundi, 04 août 2008

Flight of the Conchords - Ladies of the World

dimanche, 03 août 2008

playlist de ce jour

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