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jeudi, 15 mai 2008

Je fais un petit mix à écouter dans la voiture (mais en boite ça irait bien aussi)



podcast

Un petit mix printanier. Le fichier à charger est là : http://chictype.media.free.fr/mixmai2008.mp3

 

Je vais à un enterrement

Allez-retour dans la journée Paris-Côtes d'Armor. Pour l'enterrement de ma cousine le temps est magnifique. La mer est calme, elle diffuse une couleur verte, un chalutier dégaze dans la baie en lézardant. J'obtiens quelques détails sur son départ : Une tentative pour en finir quelques jours avant, une jolie lettre envoyée à une de mes tantes il y a deux semaines où il était question de se reprendre en main, des journaux intimes retrouvés, dont un que la police conserve encore, absorption massive de médicaments, chute et grosse perte de sang, odeur tenace dans l'immeuble au bout de vingt-quatre heure, d'où la venue des pompiers et découverte du cadavre. C'est vrai qu'il a fait chaud ces derniers temps et qu'elle vivait sous les toits. Je me souviens pendant l'office que j'écoutais ses disques quand j'avais onze-douze ans, elle avait We fade to grey, Funky Town, Salsa du démon et  The Wall. C'était quand même une sacrée fille. Je réalise que c'est le troisième suicide réussi dans cette branche de la famille. Une de mes tantes fait parfois des tentatives mais elle n'a pas encore réussi. Je rentre avec une cousine qui me dit que maintenant ça commence à bien faire ces suicides, que y'en a marre. Sans parler des attaques cérébrales. Une improbable averse survient à hauteur de Laval, on réduit la vitesse à cent, puis la lumière revient. J'insiste pour qu'on fasse un pause chez Total (ces espaces exercent sur moi une fascination indéfectible), le temps de boire un gobelet et de fumer en regardant les voitures qui filent. On entre dans Paris par une autre voie que celle qui passe dans Boulogne, je regrette de ne pas voire la ville en surplomb, la nuit c'est joli. On n'a pas beaucoup parlé de Florence sur la route, c'était pas nécessaire. 

J'ai mon point de vu sur JUSTICE

Le clip de Justice rien à foutre mais enfin parlons en. Tout d'abord : N'importe quel type sérieux en écoute musicale sait que Justice est surestimé. Leur premier hit « we are your friend » a ceci de d'original qu'il est impossible à placer dans un set, il le « plombe » littéralement. Pourtant, c'est un titre qui sonne bien (le refrain en tous cas), mais il manque incontestablement de générosité. Il n'y a qu'à voir comment, dans un club, les gens dansent quand ce morceau passe : Ils s'éloignent les un des autres, commencent à jouer un rôle « hard to get » et expriment quelque chose de mesquin. J'ai toujours le sentiment que sur du Justice, on ne peut que faire semblant de s'éclater, puis quand un autre titre passe, ça ne peut être qu'une cassure. Bravo les gars, le set est niqué ! Ce n'est définitivement pas de la musique de club. Ce n'est pas non plus de la musique à écouter sur sa hifi entre amis. C'est probablement de la musique à écouter en mp3 au casque sur son ordinateur. C'est peut être cela qui rend Justice « dans l'air du temps ».  Leur second titre, passage en boucle de chants d'enfant, avait ce même défaut. C'était un morceau « reconnaissable et mémorisable », mais lorsque l'on cherchais à observer les sensations-émotions qu'il générait, nous étions face à un mélange de vanité et d'arrogance injustifiablement agressive, et cela s'observait très nettement sur les dancefloors. Ca pousse au déliement. On pourrait comparer Justice à un vin Californien qui vous en met plein la gueule à la première goulée, mais qui s'efface aussitôt sans avoir rien donné. Il est possible que cette déshumanisation musicale soit voulue, mais pourquoi ? Pourquoi faire de la musique de club qui abîme les relations entre les gens ?

Techniquement, il n'y a rien à redire, c'est une remarque que l'on peut faire de toutes musiques actuelles. S'il suffisait d'être bon en musique pour faire de la bonne musique, ça se saurait. Il se trouve qu'il y a des nuls en solfège qui font d'excellents morceaux. Justice est juste « musicalement correct », mais finalement plutôt mauvais. Étrangement, les aficionados de Justice sont les premiers à descendre David Guetta, qui ferait de la soupe. Pourtant, Guetta, contrairement à Justice, apporte  un véritable univers issu de la « culture club » qu'il a fréquenté très longtemps. Guetta en ce sens est un « vieux pro » bourré de références, et chacun de ses hits racontent une histoire, un « way of life ». A l'échelle de Justice, la musique de Guetta a un sens profond, exprime une culture et a une véritable générosité. Elle apporte quelque chose là où Justice ne donne rien.

Justice fait un son peut être plus « bizarre », et Dieu sait comme l'étrangeté sait se faire passer pour de l'avant garde, mais l'absence de contenu donne à l'expérience quelque chose de vain qui évolue en profonde malhonnêteté : Donner l'apparence de la complexité au vide  est le top de la médiocrité, toutes disciplines artistique confondues. L'inverse même de ce qui peut être le génie en matière de culture pop, qui est de transformer en évidence simple ce qui jusqu'alors ressemblait à une pensée élitiste. Justice peut être considéré comme une escroquerie, et ceux qui écoutent Justice, et qui l'aiment, sont comme des pigeons bon à se faire plumer.

Le clip style « gangsta rap » de Justice est une aggravation du cas. Jusqu'alors, Justice était un groupe qui ne donnait rien, ils étaient à zéro, là ils entrent dans le passif : Ils volent. Depuis leur clip, Justice devient débiteur. Limité jusqu'à présent au domaine de la sympathique escroquerie (vendre du vent), le groupe désormais en vient au dépouillement de l'univers d'autrui. Ce n'est un secret pour personne : Justice est composé de fils-à-papa, sur-aidé par d'autres fils-à-papa, qui cette fois ci, demande à un autre fils-à-papa (le fils de Costa-Gavras) de réaliser un clip. Justice n'a rien à donner (univers personnel dépourvu d' intérêt). Là ou Air va transmettre quelque chose de romantique, Moby quelque chose lié au voyage,  Daft Punk quelque chose lié à la science fiction (je parle des groupes electro comparables en terme de popularité), Justice n'évoque absolument rien. Alors un son qui n'exprime rien en lui même ne peut s'imposer qu'à travers un univers visuel. Mais est ce leur univers dont il s'agit ? Appropriation de la croix chrétienne d'abord, suggérant par là que Justice est porteur d'un message mystérieux. Appropriation ensuite de l'esprit subversif des cités via leur clip. Alors que définitivement non, il n'y a rien de mystérieux dans le son de Justice, et rien de subversif non plus. Il n' a simplement rien, c'est faiblard et c'est tout. Le monde de Justice est probablement un monde conservateur, sans révolte et sans danger, le spectacle d'une société qui se délite n'est qu'une représentation externe qui les touche peu et que les leurs  ont provoqué consciencieusement (on connaît la responsabilité de cette bourgeoisie dans la création des cités dortoirs multiethniques), qui devient aujourd'hui matière à de l'entairtainment. Justice se rapproprie un univers fait de violence et de subversion, sans jamais avoir ressenti ce qu'est de vivre dans un univers violent et subversif, et probablement, en éprouvant une fascination toute bourgeoise pour cet univers là (fascination exotique). Parce qu'il n'y a pas, dans ce clip, autre chose qu'une appropriation. Nous n'assistons pas à une critique froide (Il s'agirait alors d'un clip fasciste mis à l'index par SOS-Racisme), ni une pochade gangsta-rap (Justice est aux antipodes du White-Trash), mais plutôt à une allégorie qui dit « Nous, Justice, nous sommes dérangeants, nous sommes punk, nous sommes dangereux, etc. », profession de foi narcissique assez ridicule en elle même (aucun bad boy ne se déclare bad boy), proche de la tendance marketing lourde de se créer une image de marque « impertinente »  quand on appartient en réalité à un univers policé (même les sociétés d'assurance  s'y mettent. Même un des fils Sarkozy s'amuse dans le rap.)

Pour toutes ces raisons, Justice n'est pas qu'un groupe sans intérêt, je n'en parlerais pas, mais c'est un groupe vraiment répugnant.

Je relis mes messages de la semaine dernière

Je relis les messages de la semaine dernière et je trouve pas ça terrible. Mes diatribes sur « qu'est ce que le capitalisme », « qu'est ce que la démocratie » ou « qu'est ce que la place de la, France dans le monde », c'est plutôt bof. N'est pas Pierre Bourdieu qui veut. Et comme dit Linda Fullmann, « tout le monde s'en fout ». C'est incontestable. Faut que je pense, la prochaine fois que ça me prend, à rester dans le cahier des charge « aide mémoire »en fuyant  la dialectique. C'est pas mon rôle et au final c'est chiant à lire (mais agréable à écrire, autant qu'une bonne vieille branlette). Je ne peux pas raisonnablement changer la société en la jouant « intellectuel ». Non merci, j'ai pas envie de brûler dans les flammes de l'enfer après ma mort, j'ai déjà longuement étudié la question : quand un auteur se met en tête de « changer la société », il  corrompt tout. Il faut en rester au stade de l'observation, et ne pas reproduire les erreurs de Marx ou Zola. L ' Europe paye encore l' Internationale Communiste et l' Affaire Dreyfus. Ces deux auteurs n'ont pas eu la sagesse d'en rester à la « grille de lecture », en passant à la stratégie, ils ont créé la plus grande des discordes.  Le Penseur peut être influencé par la société mais ne doit pas l'influencer aussi nettement qu'un monarque. « Rendre à César ce qui appartient à César » est le slogan-manifeste qui condamne le concept même d'idéologie (fils bâtard de la politique et de la philosophie). La figure de l'intellectuel, probablement née avec Voltaire, a lancé la réinterprétation du slogan du Christ en profession de fois laïc, dont le premier effet fût de donner à l'état la responsabilité du religieux. La transformation des programmes politiques en dogmes  (communisme, nazisme, démocratie) en la conséquense directe. Le but affiché (séparation de l'église et de l'état) est pure fantaisie. Dans l'ancien régime, l'église était clairement un contre pouvoir. Aujourd'hui, le catholicisme a été remplacé par « les droits de l'homme », dont le régime est garant. Bref, si je veux conserver une certaine éthique constructive, je dois clairement me positionner soit dans la politique, soit dans la description, mais pas dans l'un et l'autre en même temps. 

jeudi, 08 mai 2008

NETWORK (Sydney Lumet) 1976

Ma cousine est morte

Ce matin message sur ma porte, URGENT marqué dessus. « Salut Fifi, je suis passé parce-qu'on arrive pas à te joindre. T'es où bordel ? Florence est morte, l'enterrement c'est mardi. Rappelle moi ou passe quand tu veux. Bisous. Kpu »

 

Florence appartient à la branche maternelle de ma famille. Ses « problèmes d'alcool » sont clairement apparus à mes yeux il y a sept ans je crois. Nous avons tous assisté à son lent suicide et à son rapide vieillissement. C'est elle qui m'a enseigné à faire gaffe avec ça, à garder en tête que tout ces produits qui défoncent doivent être utilisés sous contrôle interne, que les micros-signes qui signalent l' addiction méritent une observation attentive. Je parle des substances psychoactives en général.

On se voyait l'été, il a fallu qu'on me dise que sa façon de boire ses kirs n'étaient pas dans nos traditions (déjà extrêmes ) pour que je constate effectivement un problème. Et puis cette ivresse triste. Et puis, « tu te souviens, cette manie qu'elle avait de prendre du Néocodion, quand ont était ado et qu'elle était jeune femme » me rappelle ma soeur. L'année suivante, je la revois avec deux dents en moins. Elle avait quitté une cure pour zoner en ville, était réapparue le matin blessée. L'année de ses quarante ans elle en faisait cinquante. Nous n'avons pas fait grand chose. Nous avons même rien fait. Un jour, nous reprochions à son mari de ne pas s'occuper d'elle assez, nous avions tort. Il faisait plus qu'aucun de nous aurions fait. Un brave type. Trop. Un homme violent, cruel même, aurait pu faire quelque chose je crois. Pas lui. Un jour, nous lui reprochions à elle de faire subir le calvaire de sa déchéance à ses deux petites filles. Un jour, nous supposions que sa souffrance dépassait l'amour immense qu'elle éprouvait pour elles. Un jour, nous reprochions à sa mère de ne pas faire ce qu'elle avait à faire (son père, frère de ma mère, est mort en 1985). Puis nous sommes passé au stade où il n'y avait plus aucun espoir, nous lui donnions cinq ans à vivre. L'été dernier, nous ne pouvions lui parler autrement que comme à une grabataire, en débit lent et articulé, sur des sujets simples, de manière compassionnelle.   Nous savions que les dégâts étaient irréversibles.

La dernière fois que nous avions parlé d'elle, il y a deux mois, nous parlions de nous cotiser à quinze pour qu'elle ai un logement décent au centre de Rennes. Nous pensions que ça serait plus pratique pour qu'elle se soigne et ai des activités, qu'elle pourrait accueillir ses filles de temps en temps. L'idée était qu'elle passe ses dernières années en paix. Puis ça ne s'était pas fait.

Nous garderons d'elle cette image de femme de quarante cinq ans rongée par l'alcool, touchée par un désespoir que nous ne comprendrons jamais, mais j'ai pas envie. Elle était l'archétype de la personne « qui a tout pour elle ». Jeune, c'était la plus sophistiquée des cousines, la plus sportives aussi. Je crois même que c'était la plus belle. Elle nous avait impressionné quand nous étions ado pour deux trucs à la con : elle avait posé pour un calendrier régional en train de danser du modern sur une plage. Puis elle était sorti assez longtemps avec le champion de France de planche à voile. Vraiment une superbe fille. Les adultes étaient plus impressionnés par ses études : Bac à dix-sept ans, ingénieur à vingt-deux ans, salaire génial. Elle était même la moins destroy de toutes les cousines de cette branche. Moins de « petits amis » que les autres, moins de sorties en discothèque l'été, moins funs, mariée jeune à un garçon sérieux et sympathique.

Je veux croire qu'il n'y a pas de raisons autre que physique à son martyre. Elle était malade dans son corps, sa disparition a des causes sanitaires, comme d'autres partent en attrapant des virus. Elle a eu une longue maladie qui s'est révélée incurable, qui a déréglé son instinct de vie, voila, nous n'y sommes pour rien, personne n'y est pour quelque chose, pas même elle, c'est ce que je veux croire.

Je disserte sur le capitalisme

On peut reprocher beaucoup de choses au capitalisme, mais il en est une qui me semble incritiquable, c'est le magnifique consumérisme qu'il entraîne. Pouvoir se payer des voitures, de la hi-fi, des vacances, des habits stylés, etc., que tout cela existe, c'est quand même le truc le plus cool du capitalisme. Les avatars du capitalisme que sont la vie en entreprise, la propagande ou l'acculturation sont certes foireux, mais il semble que ce sont des élément qui ne sont pas spécifiques au capitalisme. Quant aux systèmes de solidarité, le capitalisme est capable d'en créer (assurances, mutuelles, fondations, etc.),  il encourage même les individus à la solidarité quand dans les états providence, la solidarité ,déléguée au système, est confisquée à l'individu (et mes galères financières m'ont montrés à quel point demander l'aide d'un proche est vu comme une anomalie).

 

Il n'y a que les cyniques qui considèrent le capitalisme absolu comme un idéal. Les grands cyniques d'une part, ceux pour qui j'ai un certain respect (ils sont blindés de thune, sont conscient que la planète est peuplé à 99% de  minables qui ne mérient pas plus que des miettes), puis les cynique à deux balles (fake-poseur ?) qui se sont fait embobiner par les théorie minarchistes et libertariennes, allié à une absence de vécu.  J'ai compris cela en fréquentant longuement certains forums « ultra-libéraux » (qui me linkaient souvent),  quand j'ai vu que les plus motivés étaient des étudiants en droit ou des fonctionnaires (il y avait même un fonctionnaire de police !) ainsi que quelque fils à papa. A part cette petite branche de la population, on a tous quelque chose à reprocher au capitalisme. La vrai question, c'est de savoir quoi. Les altermondialistes critiquent tous les aspects du capitalisme, et en particulier le libéralisme qu'il induit. Pourtant, ces gauchistes le prouvent quand ils ont un peu de pouvoir, ils peuvent trouver acceptable des choses comme : la perte de la notion d'individu, l'annihilation des cultures minoritaires (ou subversives), les super-structures centralisées, les organisations qui ne laissent plus de place à l'initiative personnelle (et donc à la liberté d'action), la propagande de masse, la morale d'entreprise, l'autoritarisme hiérarchique, le travail à la chaîne, l'hyper-spécialisation des activités, la course à la productivité ou la compétition individuelle permanente. Toutes ces caractéristiques appartiennent autant au capitalisme et à l' anti-capitalisme, dans leurs versions actuelle, et ce sont ces choses qu'il serait bon de réformer, à mon sens.

La question est alors de savoir si, du libéralisme ou du collectivisme (pour schématiser), lequel est le plus apte à être contrôlé dans le bon sens. En gros, est il plus aisé d'injecter la dose de collectivisme dans le libéralisme, ou à l'inverse, d'injecter ce qu'il faut de libéralisme dans le collectivisme, ceci afin de vivre dans une société pas trop dégueulasse ? Je pense pour ma part qu'une société capitaliste est plus facile à manipuler dans le bon sens, c'est à dire à accepter un peu d'anti-capitalisme dans ses rouages. Par exemple, je ne pense pas que ces choses ébranlent les fondations d'une société libérale : Nationaliser quelques activités telle que l'énergie ou les télécomunications, interdire aux entreprises de transformer leurs employés en homme sandwich ou en adepte de secte, fixer les prix des infrastructures publics, obliger les gens à cotiser pour leur retraite, leur santé ou l'éducation de leurs enfants, distribuer des allocations aux plus défavorisés, taxer légèrement les mouvements financiers, faire un peu de protectionnisme... La liberté d'entreprendre ou de boursicoter n'est pas remise en question. Par contre, ça me semble plus ardu, au regard de l'histoire, d'injecter la juste dose de capitalisme dans les sociétés qui se fondent sur le collectivisme :  Donner accès à la propriété privé et privatiser les entreprises entraîne des inégalités flagrantes (exemple de la Russie), donner un peu de terrain privé dans une ferme collective entraîne une baisse de productivité générale (le cultivateur délaissant le travail sur la zone collective), mettre quelques exceptions au collectivisme produit automatiquement une classe d'apparatchiks... Pour cette raison, le communisme ne peut s'envisager que de manière totalitaire et international. Le capitalisme peut ainsi être considéré comme un gêne dominant, qui injecté dans le collectivisme remplace le code génétique de ce dernier pour le dénaturer complètement. Alors que le collectivisme peut très bien vivre dans un organisme capitaliste sans le détruire. Vivre dans un monde 100% capitaliste n'est pas une nécessité même à très long terme pour que le capitalisme puisse poursuivre sa route, de même que dans une société capitalistes, certains éléments contraires à la doxa, ou même certaines communautés hors-système ne représentent pas une menace. On ne peut pas dire de même des sociétés collectivistes.

Pour la société française, j'ai le sentiment qu'on a choisi les mauvais aspects des deux systèmes. Je ne trouve pas, par exemple, que les grands patrons français sont à proprement parler des capitalistes, mais auraient plus leur place dans une société communiste industrielle. Un patron capitaliste est avant tout un entrepreneur, et les Bollorés, les Dassaults, Bouygue ou les Lagardères ressemblent plus à des commis de l' État, à l'affût des bon plans que l'état sait distribuer. Je ne les trouve pas libéraux. Le MEDF ne me semble pas être libéral non plus (vu une video d'une de leur convention, qui n'était qu'une suite de demande de subventions et de prise en charge de leurs coûts salariaux par l' État, « pour créer des emplois »), il devrait se montrer plus ultra-libéral, comme un véritable adversaire de l' État (et non un « partenaire social »). Je pense qu'on n'aurait jamais dû privatiser l' énergie ou les telecom (secteurs qui s'accomodent très bien du monopole, qui pour cette raison, ne devraient surtout pas être en main du privé), je pense aussi qu'on ne devrait pas subventionner l'industrie ni la culture, que les redistributions d'argent devraient se faire prioritairement à destination des individus. Je pense qu'on ne devrait garder que ARTE et TV5 comme chaîne d' État (et encore), et que France Culture comme radio d' État (et encore).. Je pense que les étrangers qui achètent des terrains et maisons en France (style retraité anglais) devraient payer des taxes spécifiques, bien rentables et bien dissuasives. On devrait aussi défiscaliser complètement les très petites entreprises individuelles non sous-traitantes, celle qui disons génèrent moins de 30 000 euros de revenu/an, ce qui revient en gros à légaliser le « travail informel » (le black). N'importe quelle type en galère d'argent pourrait aller acheter des cageots de tomates à Rungis pour les vendre dans la rue sans risquer quoi que ce soit par exemple. Bref, j'aimerais mettre du capitalisme ici et du collectivisme là, ou dit autrement, retirer du  capitalisme là et du collectivisme ici. Le désaccord que j'ai avec la politique française n'est pas à proprement dit un désaccord du type « gauche-droite », qui serait un désaccord sur l'aspect quantitatif de ces deux éléments (je ne souhaite pas spécialement, aujourd'hui, que la France soit plus capitaliste ou plus collectiviste qu'elle ne l'est, je crois même que la proportion est convenable) , mais le désaccord est plus qualitatif, il concerne le choix des éléments du capitalisme et ceux du collectivisme qui ont été fait. Si le système était une recette de cuisine composée de 500g de légume et 500g de viande, je ne remettrais pas en question les proportions, je remettrais en question le choix des produits.

J'ai des références littéraires très pointues

Le jour où Michel Colucci a dit « La dictature c'est ferme ta gueule, la démocratie c'est cause toujours », il est passé du stade de comique à celui de grand philosophe. C'est typiquement le genre de phrase qui pousse à écrire des thèses, autant que « j'aime pas tes idée mais je mourrais pour que tu les exprimes » (Voltaire), « on ne naît pas femme on le devient » (Beauvoire), et d'autres phrases que là j'ai pas en tête. La sentence de Colucci, on le sent bien, est née d'une profonde réflexion et elle mérite de servir de point de départ à une analyse précise et exhaustive. De cette pensée très subversive peut partir un mouvement de pensée global.

 

Je croise un gros naze

Croisé l'autre fois un type foireux qui se permet de me parler « d'égal à égal ». Le type en question est un fils à papa sans vécu, sans culture et sans style. Je déduis que sa maman l'a persuadé qu'il était un garçon important, qu'elle lui a inculqué « la confiance en soi », il n'empêche que ce type me semble être une merde intégrale (j'y met toute ma logique), aussi je me dit « mais pourquoi ce type me parle comme si j'étais à son niveau ? ».( En réalité, il me parlait comme s'il était à un niveau supérieur, ce qui est un comble. )

 

J'ai remarqué ça ces derniers temps : des gamins qui t'expliquent la vie, des frustres qui t'expliquent la politesse, des esprits étroits qui de somment d'être open-mind, des arnaqueurs qui te conseillent l'honnêteté, des sans couille qui bombent le torse. Je suis bien conscient que l'humilité, la modestie, sont des  valeurs qui ne servent pas à grand chose, mais tout de même...

Je ne fais pas dans l'auto-fiction

Je ne sais pas comment font les Christine Angot : Si je devais vraiment parler de ma vie privée sur le mode « direct », le lecteur aurait un sentiment faussé : Le personnage principal serait ultra-sexuel et ultra-loose en même temps, multiplirait les aventures et les galères sociales, il pourrait même évoquer ses difficultés physiques à bien bander ainsi que son naufrage dans la petite délinquance. Oui mais bon, la transparence a des limites.

 

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