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jeudi, 15 mai 2008
J'ai mon point de vu sur JUSTICE
Le clip de Justice rien à foutre mais enfin parlons en. Tout d'abord : N'importe quel type sérieux en écoute musicale sait que Justice est surestimé. Leur premier hit « we are your friend » a ceci de d'original qu'il est impossible à placer dans un set, il le « plombe » littéralement. Pourtant, c'est un titre qui sonne bien (le refrain en tous cas), mais il manque incontestablement de générosité. Il n'y a qu'à voir comment, dans un club, les gens dansent quand ce morceau passe : Ils s'éloignent les un des autres, commencent à jouer un rôle « hard to get » et expriment quelque chose de mesquin. J'ai toujours le sentiment que sur du Justice, on ne peut que faire semblant de s'éclater, puis quand un autre titre passe, ça ne peut être qu'une cassure. Bravo les gars, le set est niqué ! Ce n'est définitivement pas de la musique de club. Ce n'est pas non plus de la musique à écouter sur sa hifi entre amis. C'est probablement de la musique à écouter en mp3 au casque sur son ordinateur. C'est peut être cela qui rend Justice « dans l'air du temps ». Leur second titre, passage en boucle de chants d'enfant, avait ce même défaut. C'était un morceau « reconnaissable et mémorisable », mais lorsque l'on cherchais à observer les sensations-émotions qu'il générait, nous étions face à un mélange de vanité et d'arrogance injustifiablement agressive, et cela s'observait très nettement sur les dancefloors. Ca pousse au déliement. On pourrait comparer Justice à un vin Californien qui vous en met plein la gueule à la première goulée, mais qui s'efface aussitôt sans avoir rien donné. Il est possible que cette déshumanisation musicale soit voulue, mais pourquoi ? Pourquoi faire de la musique de club qui abîme les relations entre les gens ?
Techniquement, il n'y a rien à redire, c'est une remarque que l'on peut faire de toutes musiques actuelles. S'il suffisait d'être bon en musique pour faire de la bonne musique, ça se saurait. Il se trouve qu'il y a des nuls en solfège qui font d'excellents morceaux. Justice est juste « musicalement correct », mais finalement plutôt mauvais. Étrangement, les aficionados de Justice sont les premiers à descendre David Guetta, qui ferait de la soupe. Pourtant, Guetta, contrairement à Justice, apporte un véritable univers issu de la « culture club » qu'il a fréquenté très longtemps. Guetta en ce sens est un « vieux pro » bourré de références, et chacun de ses hits racontent une histoire, un « way of life ». A l'échelle de Justice, la musique de Guetta a un sens profond, exprime une culture et a une véritable générosité. Elle apporte quelque chose là où Justice ne donne rien.
Justice fait un son peut être plus « bizarre », et Dieu sait comme l'étrangeté sait se faire passer pour de l'avant garde, mais l'absence de contenu donne à l'expérience quelque chose de vain qui évolue en profonde malhonnêteté : Donner l'apparence de la complexité au vide est le top de la médiocrité, toutes disciplines artistique confondues. L'inverse même de ce qui peut être le génie en matière de culture pop, qui est de transformer en évidence simple ce qui jusqu'alors ressemblait à une pensée élitiste. Justice peut être considéré comme une escroquerie, et ceux qui écoutent Justice, et qui l'aiment, sont comme des pigeons bon à se faire plumer.
Le clip style « gangsta rap » de Justice est une aggravation du cas. Jusqu'alors, Justice était un groupe qui ne donnait rien, ils étaient à zéro, là ils entrent dans le passif : Ils volent. Depuis leur clip, Justice devient débiteur. Limité jusqu'à présent au domaine de la sympathique escroquerie (vendre du vent), le groupe désormais en vient au dépouillement de l'univers d'autrui. Ce n'est un secret pour personne : Justice est composé de fils-à-papa, sur-aidé par d'autres fils-à-papa, qui cette fois ci, demande à un autre fils-à-papa (le fils de Costa-Gavras) de réaliser un clip. Justice n'a rien à donner (univers personnel dépourvu d' intérêt). Là ou Air va transmettre quelque chose de romantique, Moby quelque chose lié au voyage, Daft Punk quelque chose lié à la science fiction (je parle des groupes electro comparables en terme de popularité), Justice n'évoque absolument rien. Alors un son qui n'exprime rien en lui même ne peut s'imposer qu'à travers un univers visuel. Mais est ce leur univers dont il s'agit ? Appropriation de la croix chrétienne d'abord, suggérant par là que Justice est porteur d'un message mystérieux. Appropriation ensuite de l'esprit subversif des cités via leur clip. Alors que définitivement non, il n'y a rien de mystérieux dans le son de Justice, et rien de subversif non plus. Il n' a simplement rien, c'est faiblard et c'est tout. Le monde de Justice est probablement un monde conservateur, sans révolte et sans danger, le spectacle d'une société qui se délite n'est qu'une représentation externe qui les touche peu et que les leurs ont provoqué consciencieusement (on connaît la responsabilité de cette bourgeoisie dans la création des cités dortoirs multiethniques), qui devient aujourd'hui matière à de l'entairtainment. Justice se rapproprie un univers fait de violence et de subversion, sans jamais avoir ressenti ce qu'est de vivre dans un univers violent et subversif, et probablement, en éprouvant une fascination toute bourgeoise pour cet univers là (fascination exotique). Parce qu'il n'y a pas, dans ce clip, autre chose qu'une appropriation. Nous n'assistons pas à une critique froide (Il s'agirait alors d'un clip fasciste mis à l'index par SOS-Racisme), ni une pochade gangsta-rap (Justice est aux antipodes du White-Trash), mais plutôt à une allégorie qui dit « Nous, Justice, nous sommes dérangeants, nous sommes punk, nous sommes dangereux, etc. », profession de foi narcissique assez ridicule en elle même (aucun bad boy ne se déclare bad boy), proche de la tendance marketing lourde de se créer une image de marque « impertinente » quand on appartient en réalité à un univers policé (même les sociétés d'assurance s'y mettent. Même un des fils Sarkozy s'amuse dans le rap.)
Pour toutes ces raisons, Justice n'est pas qu'un groupe sans intérêt, je n'en parlerais pas, mais c'est un groupe vraiment répugnant.



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Commentaires
Tes remarques sur le dernier clip de Justice sont dans le mille, tu as absolument raison sur ce point, ce truc ça n'est que de la pose avec l'expression d'une facination malsaine pour une violence que l'on sait mauvaise mais a laquelle on aimerait pouvoir participer.
Ces types sont des merdes.
Ecrit par : Enoch | vendredi, 16 mai 2008
Très bonne analyse du "vide" de Justice.
Pour le clip, plutôt que l'allégorie que vous dites, je dirais plutôt qu'il s'agit d'un décalque du "message" de la haine (car c'est un clip à message) : en regard de la fin où le perchman et le cameraman sont respectivement brûlés et passés à tabac, on peut dire que c'est la mediatisation qui a produit ou réveillé une violence latente et qu'elle s'y brûle finalement les doigts.
Plutôt que punks, Justice se croit "conscient" et, comme 99% de l'art moderne, fait mine "d'interroger", "de poser des questions" alors qu'il se contente d'assener un message bien-pensant.
Ecrit par : paratext | mardi, 03 juin 2008
ps: La Haine, le film...
Ecrit par : paratext | mardi, 03 juin 2008
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