vendredi, 25 avril 2008

Je bosse mon manuscrit

Reprise en main de mon manuscrit INSTITUT, un petit roman sur la prostitution pas prise de tête, bon esprit, qui se lit en trois heures. Il y a tous les chapitres, j'ai évoqué toutes les idées, mais je dois encore bosser les personnages. 50 pages avant la fin, je les abandonne en route, j'en parle plus, ils deviennent de simples figurants. C'est plus des personnages qui m'échappent, ce sont des personnages qui quittent le navire ! Faut donc que je leur trouve un destin pour les retenir, soigner leur sortie, peut être rajouter un chapitre. Virer aussi un passage lourd, hors sujet, dans le dernier chapitre. J'hésite entre faire une scène de colloque (les personnages se retrouvent, un an après, dans un colloque et se donnent des nouvelles) ou une scène de soirée mondaine (les personnages se retrouvent dans une soirée mondaine et se donnent des nouvelles) ou une scène de bordel (les personnages se retrouvent dans un bordel et se donnent des nouvelles). Quelles nouvelles se donnent ils ? C'est encore à définir, faudra juste que ça soit amusant et sexy.

Je cogite sur les fake-2

Je cogite sur le thème des fakes. Faites pas attention.
Définition 1 : Personne dissimulant ses valeurs sous un apparat esthétique tel que le look, le discours, l'attitude.
Définition 2 : Personne incompétente qui se comporte comme une personne compétente. La notion de compétence s'entend au sens large : Être punk est une compétence, être une chaudasse aussi, être un prolo aussi, etc.
Notions proches : Usurpateur, escroc, profiteur, poseur, comédien, mystificateur.
Buts : Échapper au inconvénients de sa condition sociale ou/et acquérir le prestige d'une caste autre que la sienne ou/et diffuser une image de marque ou/et entrisme professionnel ou/et curiosité/expérimentation/expérience/jeu ou/et goût du secret/dissimulation/travestissement ou/et pudeur ou/et envie d'évoluer ou/et recherche de repères ou/et travail sur soi et/ou adaptation à l'environnement. And more.
Remarques sociale : Être poussé vers la fake attitude par adaptation environnemental : Imiter ses collègues ou ses voisins par exemple pour s'intégrer. Pression sociale forte : Se la jouer anti-raciste par exemple. Condamnation de ses propre valeurs par la société : dissimuler son conservatisme ou son parasitage par exemple en se la jouant progressiste et actif. Condamnation de son histoire : dissimuler sa culture familiale, religieuse, etc.
Remarques stratégique : stratégie du « comme si », influencé par la psychologie populaire (livres et chroniques « how to. ») Valeur de la « confiance en soi » (même quand on est un blaireau) comme principe de réussite (et moins le professionnalisme, l'honnêteté, le talent, etc, valeurs rétros). Efficacité de la stratégie (réussite sociale de nombreux fakes).
Remarques séduction : Technique de drague. Envie de plaire au sexe opposé. Se donner une image séduisante. Société de liberté sexuelle, donc de compétition sexuelle exacerbée.
Remarque marketing : De la nécessité d'être un fake dans l'entreprise moderne. Influence de la publicité (« avoir pour être », pour mal résumer), de la télévision et du cinéma (modèles de référence des personnages). Critère d'image de marque. Hausse du secteur mode/design. Phénomène « people » (références esthétique et comportementale). Disponibilité de produits et tendances élaborés selon des valeurs inconnues (produit étranger, normes industrielles, étude marketing), d'où décalage entre l'esprit du créateur et celui de l'utilisateur. Exemple : look rasta sans rien savoir de la pensée rasta. Influence des DRH (de la nécessité de coller aux critères définis par la socio/psycho académique). Credo d'entreprise (nécessité de coller à un modèle comportemental défini par la hiérarchie). Nécessité du réseautage avec les signes distinctifs induits.
Remarque Politique : Se comporter comme nos chefs ou/et en opposition (phénomène anthropologique). La population s'inspire pour son usage de la gestion d'image des politiques et du discours formaté. Perte d'influence des chefs sur la question sociale et économique, mais influence en hausse sur les questions de morale, de valeur, de civilité, de moeurs, de comportement, etc.
Divers : la fake attitude est un comportement individuel lié à l'adaptation environnementale. Comprendre l'individu fake, c'est comprendre la société contemporaine qui l'influence. L'amplification du phénomène fake démontre une amplification de la pression sociale. Le phénomène fake peut il disparaître avec une profonde mutation de la société ? Les masses peuvent elles modifier la société en modifiant leurs comportements fake ?

Enfin bref, je me demande après coup si c'est pas un sujet foireux, d'autant que je me promet régulièrement de ne plus aborder les sujets désagréables. Je devrais plutôt m'intéresser à l'opposé du fake, c'est à dire l' « être authentique », pour peu qu'il existe et que ça ai une signification. Individu « en accord avec lui même » prenant ainsi le risque d'être « en désaccord avec la société ». Stratégie pouvant se révéler foireuse, soit dit en passant (clochardisation, délinquance, exclusion du groupe, narcissisme, etc.). Le fake a peut être bien raison d'être un fake, à la réflexion.

J'ai mon avi sur la Chine

Je m'informe sur le Tibet et la Chine. Je suis tombé sur une manifestation de Chinois par hasard samedi, ils m'ont remis un tee-shirt et un papier où c'est expliqué qu'entre autre, parmi les minorités ethniques de Chine, dont celle du Tibet, il n'y a ni impôts ni politique de l'enfant unique. Je n'ai aucune intention d'aller sur le web chercher la vérité (j'ai l'autre version, celle de la stérilisation forcée des Tibétaines), tout ce que je connais du Tibet est un livre de Rampa, l'épisode où les nouveaux nés sont mis dans une rivière glacée afin d'éliminer les plus faibles m'avait bien marqué. J'ai jamais réussi à savoir si Rampa était un mystificateur ou un véritable sage (wikipedia n'est pas très clair). L'autre livre est « le livre des morts tibétains », la préface disait que les Tibétains étaient en avance d'un siècle sur nous en matière de psychologie, et quand j'ai lu ça, à ma grande période d'étude de la pensée chinoise (vers vingt ans), j'ai voulu le croire. La mort venu, regarde tes propres démons bien en face ; soit tu détournes la tête et tu te réincarnes en vers solitaire, soit tu observes ces démons sans peur et tu montes au Nirvana. C' est l'inverse exacte de la pensée Chrétienne (fuit le démon, regrette tes fautes), mais ça colle avec la psychanalyse. Et ? Et ben rien, je ne sais pas quoi en penser, j'en déduit que la vérité est une variable et que la mienne n'a rien à voir avec la leur et surtout, j'en ai rien à foutre de ces embrouilles asiatico-asiatiques. Par principe je devrais être pro-Tibet, parce que petit peuple dressé face à l'empire athé industrialo-communiste Chinois. Mais si on me donne le choix entre m'expatrier à Lhassa ou Shanghai, je choisis Shanghai. C'est pas très malin comme argument je sais, alors en voici un autre : Si la France dépense ne serait ce qu'un euro pour les droits de l'homme au Tibet, alors c'est une perte sèche : ni apport économique, ni prestige. Je remarque en passant que plus la France se la pète pays-des-droits-de-l'homme, moins elle est appréciée à l'étranger (c'est pourtant le seul but politique). Le précédent Villepin, discours larmoyant anti-guerre d' Irak, nous a grillé avec les USA et je crois qu'au fond, les Russes, les Chinois et les Arabes nous ont pris pour les idiots utiles. Là, on se grille avec l'autre empire, la Chine. Je ne sais même pas pourquoi j'en parle, par réflexe pavlovien je présume, allez comme j'y suis et que j'ai aucune envie de reparler « relation international » dans le futur, finissons en : Ce que devrait être la France dans le monde : Un pays neutre : Être au monde ce que la Suisse est à l' Europe. Un pays qui ne s'implique dans aucun camps, qui retire tous ses soldats d' Afrique pour commencer, qui ferme sa gueule sur tous les sujets ayant trait aux relations internationales, qui refuse de participer aux conflits de toutes espèces (Nos « accords diplomatiques », en particulier avec le monde anglo-saxon, n'avaient d'utilité que quand l' Allemagne menaçait et quand la France était un empire colonial). Continuer à vendre armes, médicaments, ponts et chaussé à qui nous en demande, envoyer quelques docteurs et enseignants pour l'image de marque, et c'est tout. Là ça serait la top classe, LE pays taiseux qu'a tout vécu, qu'a fait tout ce qu'il était possible de faire en matière d'épopée politique avant tout le monde et qui regarde l' humanité de haut avec la plus extrême sagesse sans jamais la ramener, l'air de dire « faut que vous expérimentiez ce qu'on a expérimenté, un jour vous comprendrez. ». Le truc de ouf, comment ça assurerait grave.

Je n'aime pas Bouygue télécom

J'ai un gros souci avec Bouygue télécom. Pour me calmer je vais sur le web chercher deux ou trois informations sur le marché du téléphone mobile an France. Je savais que les trois opérateurs avaient déjà eu d'énormes amendes pour entente illicite, j'avais lu il y a quelques années qu'ils pratiquaient des marges sur cout variable de 95%, c'est à dire qu'ils multiplient par vingt ce que ça leur coute quand on passe un coup de fil. J'apprend dans un article du Monde que les opérateurs Français sont parmi les plus chères d' Europe. J'apprend que dans le poleton de tête il y a aussi l' Angleterre et l' Allemagne, mais que dans ces deux pays les opérateurs ont payé à l'état leur licence dix fois plus chère qu'en France, que ça a rapporté l'équivalent d'un an d' impôt. Je veux vérifier avec ce qui se fait aux USA : rien à voir, ils sont trois fois moins chères que chez nous. Décidément, on ne peut pas faire confiance aux grands capitalistes français (le quarteron d'héritiers de grands commis de l'état plus précisément), et sur le sujet du téléphone portable, à une époque où on ne parle que du pouvoir d'achat (les factures de téléphone sont autant d'argent qui ne rentre pas dans la relance de la consommation), je suis surpris qu'on ne fasse rien. On pourrait prétexter la limitation des antennes relais pour ne créer qu'un seul opérateur (pourquoi avoir trois antennes, un par opérateur, qui couvrent un même lieu alors qu'une seule suffit techniquement), on pourrait alors nationaliser puisque ça serait un monopole (après tout, même dans un système très libéral, les ondes ne sont pas privatisées, de même que l'air, le soleil, les étoiles, etc.) et proposer un prix normal et un forfait de base gratuit pour au moins recevoir des appelles et conserver son numéro. Voilà une cause de plus que je suis prêt à défendre, avec la normalisation de la prostitution, la libéralisation de la vente à la sauvette, et l'assouplissement des lois sur le tapage nocturne (je défends le principe qu'à Paris, il y ai l'autorisation de faire du bruit toute la nuit une fois par mois par arrondissement. Un seul jour par mois, les couches-tard ennuieraient les couches-tôt d'un arrondissement. Je pense que c'est un bon compromis).

jeudi, 17 avril 2008

Les réformateurs du monde (« Archimède le Clochard »)

Je passe à la Scala

Le lendemain : Je passe à la SCALA. J'adore esthétiquement cette boite, le jeu de lumière est excellent, les multiples recoins font qu'on ne se sent pas enfermé et il y a une vrai scène. C'est un vrai club du samedi soir. J'en suis à dire que c'est la plus belle boite de Paris quand un vieux gars vient me prendre la main longuement et la caresse avec beaucoup de gentillesse puis continue sa route, c'est le boss qu'est touché. Les deux groupes qui passent sur scène sont très divertissants (un groupe de bonnasses et un groupe de nains grimés comme Kiss).

 

Josh Dwain vient me parler de l'affaire Thomas Roy. J'ai récemment sermonné ce dernier par mail sur une question de principe, et au lieu de trouver un arrangement ou de m'expliquer son point de vu, ce garçon a préféré faire le mort, me virer de ses amis Myspace/Facebook, puis transmettre ma missive à je ne sais pas combien de personnes qui viennent ensuite m'en parler. L' affaire étant entre lui et moi au départ, elle est devenue germanopratine. Je ne connais pas les codes de ce milieu, j'imagine que c'est une façon normale de se comporter, j'en prend note. J'ai des relations difficiles avec les gens en ce moment, j'ai pourtant le sentiment de faire ce que j'ai à faire, et même d'être presque irréprochable, peut être que j'y met pas toujours les formes, mais je suis quelqu'un qui a quasi toujours raison et qui fait les choses bien et à fond, pourtant les clashs se multiplient et j'ai le sentiment que trop de gens manquent de droiture avec moi, j'en suis totalement responsable.

 

La discussion a évolué sur  l'obligation morale, à mon sens, de se soutenir les uns et les autres dans ce qu'on fait. Si on ne le fait pas entre nous c'est qu'on est des cons ou des salauds. Je dis certainement cela parce que je suis actuellement dans le besoin, mais aussi parce que j'ai compris ces dernières années comment fonctionnaient les réseaux de ceux qui prétendent dominer le monde de la nuit et de la culture (où est mon gun ?). Si on ne fait pas comme eux du renvoi d' ascenseur et si on a quelques ambitions, on est alors condamné à aller les sucker. Après, c'est un choix, si j'avais le sentiment que ces chroniqueurs de Tecnikart étaient l'équivalent de la bande du Cahier du Cinéma des années 50-60 ou même de Actuel, Zoom ou Pilote des années 70, si je sentais que les DJ qui gravitent autour de Pedro Winter étaient valables, si j'estimais que peut être le Baron était aux années 00 ce que le Palace était aux années 70, si j'imaginais que La Perle était un peu l'équivalent de la Closerie des Lilas des années folles, si je m'étais mis en tête qu' Ariel Wizman ou Frederic Beigbeder étaient de ces touche-à-tout à la Vian ou Cocteau, alors j' irais m'agenouiller avec joie. Le souci est qu'à mon sens, tout ça est profondément merdique et que c'est irrattrapable, que ça cannibalisme tout, qu'on leur a laissé leur chance assez longtemps et que maintenant ça suffit.

vendredi, 11 avril 2008

Mon Père avait raison

jeudi, 10 avril 2008

Je vais voir les Stones

Le lendemain : Le soir venu, Linda Fullmann me propose d'aller voir les Stone à l' Olympia. Le film de Scorsese, s'entend. C'est un concert bien filmé et les conditions de la salle sont parfaites. C'est toujours agréable d'écouter et de voir les Stones, la vitalité qu'ils affichent à soixante ans passé est  réjouissante, donne de l'espoir. Je dis sans doute cela parce que j'approche des quarante ans. J'ai un souvenir de 1989 où je les trouvais ridicules de faire du Rolling Stone, je réagissais alors à leur nouveau clip. A l'époque ils essayaient de se montrer encore sulfureux, créatifs et sexy . Ça ne collait pas. Le film de Scorsese les montre en hommes qui veulent encore s'amuser en offrant quelques standards du rock à un parterre de VIP d'une jolie petite salle de Manhattan. C'est bien plus cohérent.
Ensuite, nous allons dans une soirée cocktail dînatoire au Grand Hôtel. Je suis dans l'incapacité de m'amuser, et encore moins de discuter avec les gens que je connais. Je perçois de moins en moins l'aspect entertainment de la fêtes. La fête est un espace de tractation, où des contacts se nouent, des affaires se mènent et des processus de hiérarchisation se mettent en place.  Je préfère aller dans un Macumba provincial, ou dans un lieu où l'esprit artistique domine, ou alors traîner dans un endroit blindé de gonzesses, genre bal des pompiers ou bar à pute extra-France, au pire, dans un endroit clairement dédié à la défonce alcoolo-narcotique. Quand tout ça est réuni dans une même fête, c'est que  c'est moi qui organise. Au grand Hôtel, je me serais bien vu parler projets exaltants et plans thune autour d'une bouteille avec des gens qui ont cet état d'esprit, mais c'était injouable, j'étais entouré de poseurs ou d'oisifs. Je suis venu parce que j'avais faim et suis parti quand j'en ai eu ma claque de me goinfrer de petits fours tièdes. Je devrais apprendre à faire du contact.

J'ai une théorie sur les FAKE

J'ai eu l'idée d'un livre à écrire, en fait, j'ai juste son titre : FAKE. Ça serait un roman sur le monde des fake (les gens bidons, si vous préférez). J'ai déjà en tête plusieurs personnages qui existent dans le réel, je les connais : Un agent de surface qui va au travail habillé en cadre supérieur (son bleu de travail bien rangé dans un attaché case), un parasite bourgeois qui la joue révolutionnaire socialiste, une fille habillée en pute qui ne baise pas, un punk qui chausse des Charentaises le soir venu, etc.

Nous vivons vraiment dans une société de fake, comme si les gens voulaient dissimuler ce qu'ils sont vraiment, et ne montrer que ce qu'ils voudraient être. Il y a une stratégie dans la fake attitude ; entrer dans des mondes autres que le sien, bénéficier des avantages sans fournir l'effort induit par l'appartenance à cet autre monde. Il y a aussi une forme de mesquinerie à être un fake, on n'a pas à partager notre propre monde avec autrui, ou respecter les obligations tacites liées à notre propre appartenance, juste prendre sans donner. C'est un monde d'usurpateur et de parasites.

Je me demande à quel point je suis un fake. Je suis bien obligé d'admettre que souvent je joue un rôle, parfois, le rôle de Chictype, d'autre fois le rôle de Mr Prostitution. Cependant, la démarche n'est pas de tromper, seulement offrir un aspect de moi, dans des configurations précises, avec des personnages que j'ai crée de toute pièce (qui souvent m'isolent du monde des autres), de même que je règle mon attitude en fonction de ce qu'on attend de moi dans le milieu du travail ou avec la justice. Je ne suis pas un fake qui marche sur les plate bande d'une être authentique, être fake peut être une oeuvre créative et pas seulement une escroquerie.

Il m'arrive aussi de me faire passer pour un journaliste, un cadre supérieur ou un membre de la Jet Set pour entrer dans des soirées promotionnelle. J'ai alors le sentiment de feinter le monde corporate, je suis usurpateur et parasite, mais je sais à qui je fais subir cela : à une structure déshumanisée. Cependant, je peux comprendre que ceux qui ont eu du mal pour se faire inviter dans ce genre de soirée, en passant par la voie habituelle du travail et des relations humaines, puissent trouver injuste que par la fake attitude, je bénéficie des mêmes avantages qu'eux, sans l'effort fourni en aval.

Et puis, être un fake peut faire partie de l'identité des gens, je peux aimer le rôle que quelqu'un joue, tout en sachant que c'est un rôle, sans qu'il y ai tromperie sur la marchandise. La fake attitude n'est pas qu'une vilaine déviance. C'est aussi un processus de transformation de soi, basé sur la théorie psychologique du comme si., on peut alors être un fake provisoirement, le temps de devenir authentiquement le personnage que l'on incarne.

S'il doit y avoir un livre à écrire sur les fake, ça ne pourra pas être un livre complètement contre, après tout, comme la mythomanie, être un fake n'a en général de conséquences fâcheuses que pour le fake. Mais il serait intéressant de voir qui est gagnant et qui est perdant. Il serait aussi intéressant d'observer comment se fait la compétition entre les gens fake et les gens authentique dans un même domaine. Par exemple, le bourgeois conservateur qui se donne des airs rebelles a semble t'il plus d'influence que le rebelle véritable, il le parasite et prend sa place, du moins dans les médias. Le rebelle fake, qui ne connaît pas les inconvénients d'être un vrai rebelle ne pratique t'il pas de la concurrence déloyale ? Par exemple, dénoncer le monde bourgeois tout en appartenant à ce monde, n'est ce pas refuser l'entrée de ce monde aux autres tout en se faisant accepter dans le monde des autres ? Monde des non-bourgeois où , à compétence égale, le bourgeois aura un avantage, notamment pour financer ses projets, obtenir l'appuie de la bourgeoisie, trouver le confort que la bourgeoisie lui offre, ou séduire les femmes des non-bourgeois. Ceci sans avoir à respecter les usage de la bourgeoisie, comme prêter de l'argent ou payer l'addition, et en dissimulant en permanence ce qu'il peut avoir à offrir, comme des week-end sur la côte ou un carnet d'adresse, qu'il ne partage qu'avec les gens de sa caste (sans quoi, son identité fake serait mise à jour). Certains fake sont donc extrêmement nuisible et n'apportent rien, juste là pour prendre sans rien donner.

A l'inverse, l'individu socialement défavorisé qui joue au fake bourgeois a t'il vraiment la possibilité de s'imposer dans le monde qu'il convoite ? Peut il faire croire qu'il est riche aussi facilement que le riche peut faire croire qu'il est pauvre ? Il conviendra de vérifier si la fake attitude n'est pas, avant tout, une invention des puissants pour accaparer sans donner. Le phénomène de récupération par la bourgeoisie de l'esthétique populaire, métamorphosé par les valeurs bourgeoises (le mouvement Punk et Techno par exemple, musique de creuvard à l'origine, qui appartient  aujourd'hui à la jeunesse dorée qui la pratique ou la vend) est un signe flagrant, la forte présence aussi des bourgeois dans l'univers bohème de l'art contemporain, de la littérature ou de la comédie en est un autre ; ici, le bourgeois jouit de la liberté de la bohème, sans les inconvénients de la pauvreté (et ses avatars psychologiques annihilateurs)

Le phénomène du fake serait un phénomène contemporain lié à la notion de libre arbitre. Nous vivons dans une société où les individus sont censés choisir leur vie, métier, orientation sexuelle, religion, idées philosophique, etc., avoir ainsi la possibilité de créer son personnage. Cependant, le libre arbitre a un relation étroite avec le statut social, exercer son libre arbitre est surtout valable pour les gens qui ont les moyen financier et le bagage culturel pour faire des choix de vie. Ainsi, la déification de la notion de libre arbitre permet au bourgeois d'échapper à ses carcans traditionnels ( responsabilité morale vis à vis des défavorisés, valeurs catholiques, devoir familial et dynastique, etc.) notamment en utilisant la stratégie fake (phénomènes bobo, bourgeois décadent, gauche caviard, etc.) mais ne permet pas au prolo, lui, d' échapper aux siens (métro, boulot,dodo, etc.), même avec la stratégie Fake (sac Prada, fausse Rolex, voyages low cost, etc.). Pire, le mélange de fake de toutes classes permet au fake d'origine bourgeoise d' être mis sur un piédestal et de piquer les femmes des prolos.

Je parlais plus haut de « concurrence déloyale », il est possible que l'absence de loyauté, détectée dans la fake attitude, soit en réalité une des caractéristique essentielle de la démocratie, la fake attitude n'étant qu'un révélateur, le spectacle de la vie politique en démocratie Française pouvant servir de preuve. Enfin, c'est à développer.

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