jeudi, 08 mai 2008

NETWORK (Sydney Lumet) 1976

Ma cousine est morte

Ce matin message sur ma porte, URGENT marqué dessus. « Salut Fifi, je suis passé parce-qu'on arrive pas à te joindre. T'es où bordel ? Florence est morte, l'enterrement c'est mardi. Rappelle moi ou passe quand tu veux. Bisous. Kpu »

 

Florence appartient à la branche maternelle de ma famille. Ses « problèmes d'alcool » sont clairement apparus à mes yeux il y a sept ans je crois. Nous avons tous assisté à son lent suicide et à son rapide vieillissement. C'est elle qui m'a enseigné à faire gaffe avec ça, à garder en tête que tout ces produits qui défoncent doivent être utilisés sous contrôle interne, que les micros-signes qui signalent l' addiction méritent une observation attentive. Je parle des substances psychoactives en général.

On se voyait l'été, il a fallu qu'on me dise que sa façon de boire ses kirs n'étaient pas dans nos traditions (déjà extrêmes ) pour que je constate effectivement un problème. Et puis cette ivresse triste. Et puis, « tu te souviens, cette manie qu'elle avait de prendre du Néocodion, quand ont était ado et qu'elle était jeune femme » me rappelle ma soeur. L'année suivante, je la revois avec deux dents en moins. Elle avait quitté une cure pour zoner en ville, était réapparue le matin blessée. L'année de ses quarante ans elle en faisait cinquante. Nous n'avons pas fait grand chose. Nous avons même rien fait. Un jour, nous reprochions à son mari de ne pas s'occuper d'elle assez, nous avions tort. Il faisait plus qu'aucun de nous aurions fait. Un brave type. Trop. Un homme violent, cruel même, aurait pu faire quelque chose je crois. Pas lui. Un jour, nous lui reprochions à elle de faire subir le calvaire de sa déchéance à ses deux petites filles. Un jour, nous supposions que sa souffrance dépassait l'amour immense qu'elle éprouvait pour elles. Un jour, nous reprochions à sa mère de ne pas faire ce qu'elle avait à faire (son père, frère de ma mère, est mort en 1985). Puis nous sommes passé au stade où il n'y avait plus aucun espoir, nous lui donnions cinq ans à vivre. L'été dernier, nous ne pouvions lui parler autrement que comme à une grabataire, en débit lent et articulé, sur des sujets simples, de manière compassionnelle.   Nous savions que les dégâts étaient irréversibles.

La dernière fois que nous avions parlé d'elle, il y a deux mois, nous parlions de nous cotiser à quinze pour qu'elle ai un logement décent au centre de Rennes. Nous pensions que ça serait plus pratique pour qu'elle se soigne et ai des activités, qu'elle pourrait accueillir ses filles de temps en temps. L'idée était qu'elle passe ses dernières années en paix. Puis ça ne s'était pas fait.

Nous garderons d'elle cette image de femme de quarante cinq ans rongée par l'alcool, touchée par un désespoir que nous ne comprendrons jamais, mais j'ai pas envie. Elle était l'archétype de la personne « qui a tout pour elle ». Jeune, c'était la plus sophistiquée des cousines, la plus sportives aussi. Je crois même que c'était la plus belle. Elle nous avait impressionné quand nous étions ado pour deux trucs à la con : elle avait posé pour un calendrier régional en train de danser du modern sur une plage. Puis elle était sorti assez longtemps avec le champion de France de planche à voile. Vraiment une superbe fille. Les adultes étaient plus impressionnés par ses études : Bac à dix-sept ans, ingénieur à vingt-deux ans, salaire génial. Elle était même la moins destroy de toutes les cousines de cette branche. Moins de « petits amis » que les autres, moins de sorties en discothèque l'été, moins funs, mariée jeune à un garçon sérieux et sympathique.

Je veux croire qu'il n'y a pas de raisons autre que physique à son martyre. Elle était malade dans son corps, sa disparition a des causes sanitaires, comme d'autres partent en attrapant des virus. Elle a eu une longue maladie qui s'est révélée incurable, qui a déréglé son instinct de vie, voila, nous n'y sommes pour rien, personne n'y est pour quelque chose, pas même elle, c'est ce que je veux croire.

Je disserte sur le capitalisme

On peut reprocher beaucoup de choses au capitalisme, mais il en est une qui me semble incritiquable, c'est le magnifique consumérisme qu'il entraîne. Pouvoir se payer des voitures, de la hi-fi, des vacances, des habits stylés, etc., que tout cela existe, c'est quand même le truc le plus cool du capitalisme. Les avatars du capitalisme que sont la vie en entreprise, la propagande ou l'acculturation sont certes foireux, mais il semble que ce sont des élément qui ne sont pas spécifiques au capitalisme. Quant aux systèmes de solidarité, le capitalisme est capable d'en créer (assurances, mutuelles, fondations, etc.),  il encourage même les individus à la solidarité quand dans les états providence, la solidarité ,déléguée au système, est confisquée à l'individu (et mes galères financières m'ont montrés à quel point demander l'aide d'un proche est vu comme une anomalie).

 

Il n'y a que les cyniques qui considèrent le capitalisme absolu comme un idéal. Les grands cyniques d'une part, ceux pour qui j'ai un certain respect (ils sont blindés de thune, sont conscient que la planète est peuplé à 99% de  minables qui ne mérient pas plus que des miettes), puis les cynique à deux balles (fake-poseur ?) qui se sont fait embobiner par les théorie minarchistes et libertariennes, allié à une absence de vécu.  J'ai compris cela en fréquentant longuement certains forums « ultra-libéraux » (qui me linkaient souvent),  quand j'ai vu que les plus motivés étaient des étudiants en droit ou des fonctionnaires (il y avait même un fonctionnaire de police !) ainsi que quelque fils à papa. A part cette petite branche de la population, on a tous quelque chose à reprocher au capitalisme. La vrai question, c'est de savoir quoi. Les altermondialistes critiquent tous les aspects du capitalisme, et en particulier le libéralisme qu'il induit. Pourtant, ces gauchistes le prouvent quand ils ont un peu de pouvoir, ils peuvent trouver acceptable des choses comme : la perte de la notion d'individu, l'annihilation des cultures minoritaires (ou subversives), les super-structures centralisées, les organisations qui ne laissent plus de place à l'initiative personnelle (et donc à la liberté d'action), la propagande de masse, la morale d'entreprise, l'autoritarisme hiérarchique, le travail à la chaîne, l'hyper-spécialisation des activités, la course à la productivité ou la compétition individuelle permanente. Toutes ces caractéristiques appartiennent autant au capitalisme et à l' anti-capitalisme, dans leurs versions actuelle, et ce sont ces choses qu'il serait bon de réformer, à mon sens.

La question est alors de savoir si, du libéralisme ou du collectivisme (pour schématiser), lequel est le plus apte à être contrôlé dans le bon sens. En gros, est il plus aisé d'injecter la dose de collectivisme dans le libéralisme, ou à l'inverse, d'injecter ce qu'il faut de libéralisme dans le collectivisme, ceci afin de vivre dans une société pas trop dégueulasse ? Je pense pour ma part qu'une société capitaliste est plus facile à manipuler dans le bon sens, c'est à dire à accepter un peu d'anti-capitalisme dans ses rouages. Par exemple, je ne pense pas que ces choses ébranlent les fondations d'une société libérale : Nationaliser quelques activités telle que l'énergie ou les télécomunications, interdire aux entreprises de transformer leurs employés en homme sandwich ou en adepte de secte, fixer les prix des infrastructures publics, obliger les gens à cotiser pour leur retraite, leur santé ou l'éducation de leurs enfants, distribuer des allocations aux plus défavorisés, taxer légèrement les mouvements financiers, faire un peu de protectionnisme... La liberté d'entreprendre ou de boursicoter n'est pas remise en question. Par contre, ça me semble plus ardu, au regard de l'histoire, d'injecter la juste dose de capitalisme dans les sociétés qui se fondent sur le collectivisme :  Donner accès à la propriété privé et privatiser les entreprises entraîne des inégalités flagrantes (exemple de la Russie), donner un peu de terrain privé dans une ferme collective entraîne une baisse de productivité générale (le cultivateur délaissant le travail sur la zone collective), mettre quelques exceptions au collectivisme produit automatiquement une classe d'apparatchiks... Pour cette raison, le communisme ne peut s'envisager que de manière totalitaire et international. Le capitalisme peut ainsi être considéré comme un gêne dominant, qui injecté dans le collectivisme remplace le code génétique de ce dernier pour le dénaturer complètement. Alors que le collectivisme peut très bien vivre dans un organisme capitaliste sans le détruire. Vivre dans un monde 100% capitaliste n'est pas une nécessité même à très long terme pour que le capitalisme puisse poursuivre sa route, de même que dans une société capitalistes, certains éléments contraires à la doxa, ou même certaines communautés hors-système ne représentent pas une menace. On ne peut pas dire de même des sociétés collectivistes.

Pour la société française, j'ai le sentiment qu'on a choisi les mauvais aspects des deux systèmes. Je ne trouve pas, par exemple, que les grands patrons français sont à proprement parler des capitalistes, mais auraient plus leur place dans une société communiste industrielle. Un patron capitaliste est avant tout un entrepreneur, et les Bollorés, les Dassaults, Bouygue ou les Lagardères ressemblent plus à des commis de l' État, à l'affût des bon plans que l'état sait distribuer. Je ne les trouve pas libéraux. Le MEDF ne me semble pas être libéral non plus (vu une video d'une de leur convention, qui n'était qu'une suite de demande de subventions et de prise en charge de leurs coûts salariaux par l' État, « pour créer des emplois »), il devrait se montrer plus ultra-libéral, comme un véritable adversaire de l' État (et non un « partenaire social »). Je pense qu'on n'aurait jamais dû privatiser l' énergie ou les telecom (secteurs qui s'accomodent très bien du monopole, qui pour cette raison, ne devraient surtout pas être en main du privé), je pense aussi qu'on ne devrait pas subventionner l'industrie ni la culture, que les redistributions d'argent devraient se faire prioritairement à destination des individus. Je pense qu'on ne devrait garder que ARTE et TV5 comme chaîne d' État (et encore), et que France Culture comme radio d' État (et encore).. Je pense que les étrangers qui achètent des terrains et maisons en France (style retraité anglais) devraient payer des taxes spécifiques, bien rentables et bien dissuasives. On devrait aussi défiscaliser complètement les très petites entreprises individuelles non sous-traitantes, celle qui disons génèrent moins de 30 000 euros de revenu/an, ce qui revient en gros à légaliser le « travail informel » (le black). N'importe quelle type en galère d'argent pourrait aller acheter des cageots de tomates à Rungis pour les vendre dans la rue sans risquer quoi que ce soit par exemple. Bref, j'aimerais mettre du capitalisme ici et du collectivisme là, ou dit autrement, retirer du  capitalisme là et du collectivisme ici. Le désaccord que j'ai avec la politique française n'est pas à proprement dit un désaccord du type « gauche-droite », qui serait un désaccord sur l'aspect quantitatif de ces deux éléments (je ne souhaite pas spécialement, aujourd'hui, que la France soit plus capitaliste ou plus collectiviste qu'elle ne l'est, je crois même que la proportion est convenable) , mais le désaccord est plus qualitatif, il concerne le choix des éléments du capitalisme et ceux du collectivisme qui ont été fait. Si le système était une recette de cuisine composée de 500g de légume et 500g de viande, je ne remettrais pas en question les proportions, je remettrais en question le choix des produits.

J'ai des références littéraires très pointues

Le jour où Michel Colucci a dit « La dictature c'est ferme ta gueule, la démocratie c'est cause toujours », il est passé du stade de comique à celui de grand philosophe. C'est typiquement le genre de phrase qui pousse à écrire des thèses, autant que « j'aime pas tes idée mais je mourrais pour que tu les exprimes » (Voltaire), « on ne naît pas femme on le devient » (Beauvoire), et d'autres phrases que là j'ai pas en tête. La sentence de Colucci, on le sent bien, est née d'une profonde réflexion et elle mérite de servir de point de départ à une analyse précise et exhaustive. De cette pensée très subversive peut partir un mouvement de pensée global.

 

Je croise un gros naze

Croisé l'autre fois un type foireux qui se permet de me parler « d'égal à égal ». Le type en question est un fils à papa sans vécu, sans culture et sans style. Je déduis que sa maman l'a persuadé qu'il était un garçon important, qu'elle lui a inculqué « la confiance en soi », il n'empêche que ce type me semble être une merde intégrale (j'y met toute ma logique), aussi je me dit « mais pourquoi ce type me parle comme si j'étais à son niveau ? ».( En réalité, il me parlait comme s'il était à un niveau supérieur, ce qui est un comble. )

 

J'ai remarqué ça ces derniers temps : des gamins qui t'expliquent la vie, des frustres qui t'expliquent la politesse, des esprits étroits qui de somment d'être open-mind, des arnaqueurs qui te conseillent l'honnêteté, des sans couille qui bombent le torse. Je suis bien conscient que l'humilité, la modestie, sont des  valeurs qui ne servent pas à grand chose, mais tout de même...

Je ne fais pas dans l'auto-fiction

Je ne sais pas comment font les Christine Angot : Si je devais vraiment parler de ma vie privée sur le mode « direct », le lecteur aurait un sentiment faussé : Le personnage principal serait ultra-sexuel et ultra-loose en même temps, multiplirait les aventures et les galères sociales, il pourrait même évoquer ses difficultés physiques à bien bander ainsi que son naufrage dans la petite délinquance. Oui mais bon, la transparence a des limites.

 

J'ai une autre idée de roman

Tout à l'heure j'ai eu un nouveau sujet de roman. Titre: CONVENTION. C'est un mec qui doit monter une convention d'entreprise à, disons, Cergy-Pontoise. L'idée est de parler des rôle de chacun : Le vigile (noir), la DRH, le performer, le DJ, l'hôtesse d'accueil (blonde),  le DA, le manager, le journaleux, le wanabe, l'actionnaire majoritaire, le mec qui loue la salle, et deux ou trois autres ; des gens qui accompagnent. Ça pourrait être l'occasion de passer au scanner le rôle social de ces personnages (plein de trucs à dire), d'offrir plusieurs points de vu, et de créer une bonne intrigue tragi-comique (rien ne se passe comme convenu).

 

Je disserte sur la démocratie

Dans la série de réflexions sur le thème « la démocratie, rien à foutre » : Le génie du régime démocratique est d'avoir fait croire aux masses qu'il inventait la liberté. La plupart des gens en France sont persuadés que la liberté est une invention du début du dix-neuvième siècle (révolution & avatars). Des événement comme le droit de penser, le droit de s'exprimer, le droit de choisir son destin, le droit de se mouvoir dans l'espace, etc. seraient pure création politique, un truc moderne. Le régime démocratique s'affirme avant tout comme une machine à créer de la liberté, le personnel politique comme des savants, experts en fabrication de liberté. Sans eux, nous serions presque tous réduits à l'état d'esclave. Croyance bien ancrée dans les mentalité grace à la propagande républicaine. Il faut s' intéresser un peu à l'histoire pour savoir que « Franc » veut dire « libre » et qu'on n'a pas attendu Saint-Juste et Napoléon pour éprouver ce besoin. Bref, juste une « arnaque intellectuel » de plus, une usurpation du régime, comme tant d'autres, par exemple : nous devons à l'Etat notre santé, notre culture, notre prospérité économique, etc, alors qu'il est scientifiquement prouvé que c'est exactement l'inverse qui se passe : L' Etat est un petit groupe d'individus ayant le « monopole de la violence » qui acapare les richesses, annihile les mouvements de pensées et culture autre que les siens, efface l'histoire commune pour ne laisser trace que de la sienne, etc.

Le slogan de réclame « Liberté, Égalité, Fraternité » est aussi une grosse arnaque. Comme si le rôle d'un régime, quel qu'il soit, résidait là dedans. Le principal  rôle du régime politique Français est le maintien de l'ordre (depuis la fin de l'extension géographique et du contrôle économique,  le contrôle de la morale et de l'ordre social est ce qui reste au régime ). L' Ordre est ce qu'il y a au sommet de la pyramide du régime. Et justement, l'ordre ne peut se faire qu'en jouant sur l'intensité des valeurs  « Liberté, Égalité, Fraternité » : Le régime fixe les limites de la liberté (de plus en plus encadrée). Le régime limite l' égalité en mettant en place des systèmes hiérarchiques (bureaucratie, police, justice, représentants). Le régime est pourvoyeur de sujets d'antagonisme en France (débat démocratique, mise à l'index des « mauvais citoyens », division stratégique). « Liberté, égalité, fraternité » est un souhait du peuple contre lequel l' État devra toujours s'opposer. Le génie du régime est d'avoir fait croire que ce triptyque de valeurs étaient les siennes, que son but était de les imposer partout, alors que ce sont justement ses valeurs opposées. « Liberté, Égalité, Fraternité »  doivent être considérés comme des paramètres que l' État cherche à modifier à sa guise, les trois paramètres que tout régime se doit de faire varier afin d'avoir le plein contrôle sur la société. Une société (utopie ?) pleinement libre, égalitaire et fraternelle peut se passer du régime, alors qu'un modèle de société absolument inverse rend le régime indispensable (non libre, non égalitaire et non fraternel). Pense z'y mon frère.

 

 

Je regarde une baston

Vu hier une des bastons les plus drôles à laquelle j'ai pu assister. Minuit, rue du Gibus, rappeur blanc caricatural (maigrichon, casquette très en arrière du crane, accent 93, démarche de singe) s'en prend à un gars qui semble gentil. Le gars gentil évite l'esclandre et laisse le type le traiter de fils de pute, attitude habituelle chez les gens qui ne tapent pas sur les handicapés. Mais un moment, le gentil en a un peu marre et répond au petit traître à sa race, et là, le show commence : La fiotte rappeuse retire sa ceinture pour s'en servir comme arme, je regarde la scène, je pige pas trop au début, son froc descend jusqu'à mi cuisse et je me dis que ça va pas être pratique pour se battre. Le rappeur fouette l'autre, qui en cinq seconde l'a désarmé et commence à lui rentrer dans le lard. Le rappeur se prend une droite et la joue « même pas mal », puis il se retrouve par terre, et le gentil le tire par les jambes et lui fait traverser la rue. Le rappeur, au stade où on en est, n'a plus de chaussures au pied, son froc lui arrive maintenant au genou et le tee-shirt remonté jusqu'à la taille. Le gentil alors entreprend de botter le cul du rappeur qui est dos à terre en le tenant par les pattes, il lui balance cinq ou six énormes coups de pieds dans le postérieur. Ensuite, le gentil lache le rappeur et se casse. Le rappeur est à un niveau de ridicule rare, il continue à se la jouer pourtant, il ramasse ses chaussures, remonte son ben, ajouste sa casquette, marche maintenant comme un canard (ou un singe qui vient de se faire sodomiser),  et quand le gentil est bien loin, il lui crie « hey, pauv'fiss'de put', vais t'niker... ». Pour visualiser, faut imaginer Lorent Deutch dans le rôle du rappeur et, disons, Romain Duris dans celui du gentil. Ça a égayé ma soirée.

 

Je pense à la Thaïlande

Hier, je me suis endormi en pensant à la Thaïlande, je me voyais expatrié là bas, bon niveau de vie, week-end sur les îles, appartement avec une grande terrasse qui surplombe Bangkok, allez-retour vers Paris assez fréquent (tous les mois ou tous les deux mois), voyages fréquents vers les autres capitales de l' Asie (Hong-Kong, Tokyo, Singapour, Taipei, Jakarta, Manille). Réveil à Paris, sans une thune et sans téléphone, complètement bloqué. Pas cool.

 

Je ferais bien dans l'associatif

Le lendemain : Vu sur le tableau d'affichage d'une association d'aide sociale l'annonce d'une fête, qui précise ceci :  « Les bénéfices de cette soirée serviront à financer un voyage d'étude où nous trouverons des solutions visant à changer la société ». Monter une association, générer de l'argent via des soirées, des subventions et des sponsors, voyager et trouver des solutions visant à  changer la société, c'est le bon plan. L'associatif me plaît de plus en plus.

 

Je regarde Ali.G

On regarde « ALI.G », un film drôle de rappeur sans aucun noir, le héros devient vice premier ministre de Grande Bretagne et propose plein de solution révolutionnaires pour améliorer la société (l' immigration sélective de bonnes meufs par exemple). Du même auteur que Borat, très proche aussi de Brice de Nice (Fake rappeur vs Fake surfeur). Pour revenir aux fake (le concept de fake est à Chictype saison 2 ce que le concept d'identité est à Chictype saison 1), à noter la multiplication des films ayant ce thème comme moteur. ALI.G, Brice de Nice, 99 francs, Mr Bean, etc. Tous ces films/séries où les personnages endossent un rôle qui n'est pas le leur : personnages qui deviennent espion, truand ou dealer par hasard par exemple. Le comique de l'incompétence, la dramaturgie du déracinement, le choc des cultures, etc. Moteurs de scénarios efficaces et aisé.

 

Je galère beaucoup

J'ai toujours pas une thune, même pas de quoi payer un café, on m'avance. Je sens que tout va tomber en même temps. J'attends un virement de 700 euros fin de semaine (paiement à trois mois pour un petit boulot informatique), un autre de 390 euros (Alloc') et un chèque de 2400 euros. D'ici là, pas de phone, pas de quoi manger, pas de quoi fumer, dépendance totale, blocage de tous mes projets, dettes en attente. Je passe quand même chez Grinda lundi avec du Saumon et une très bonne bouteille de chez Monoprix (tant qu'à faire).

 

Je suis en normandie

Week-end chez Stephen Normandy. Au programme : première baignade en mer de l'année, tire à la 22 (silencieux), engraissement de poulets, lapins, canards et oies, alcool et drogue (sans plus), échangisme (un peu),  nourriture saine, coup de soleil, combat de coqs avorté (Cet agréable  loisir, hommage à la nature animale, est il autorisé en France ?). Le délire de Stephen est très « roots », entre ses passages à Paris en soirées Hype & Arty il passe son temps dans un bled paumé en quasi-autosuffisance alimentaire. Il rejoint beaucoup de mes amis qui font dans le rétro-futurisme, je pourrais même monter un club.

 

vendredi, 25 avril 2008

Je bosse mon manuscrit

Reprise en main de mon manuscrit INSTITUT, un petit roman sur la prostitution pas prise de tête, bon esprit, qui se lit en trois heures. Il y a tous les chapitres, j'ai évoqué toutes les idées, mais je dois encore bosser les personnages. 50 pages avant la fin, je les abandonne en route, j'en parle plus, ils deviennent de simples figurants. C'est plus des personnages qui m'échappent, ce sont des personnages qui quittent le navire ! Faut donc que je leur trouve un destin pour les retenir, soigner leur sortie, peut être rajouter un chapitre. Virer aussi un passage lourd, hors sujet, dans le dernier chapitre. J'hésite entre faire une scène de colloque (les personnages se retrouvent, un an après, dans un colloque et se donnent des nouvelles) ou une scène de soirée mondaine (les personnages se retrouvent dans une soirée mondaine et se donnent des nouvelles) ou une scène de bordel (les personnages se retrouvent dans un bordel et se donnent des nouvelles). Quelles nouvelles se donnent ils ? C'est encore à définir, faudra juste que ça soit amusant et sexy.

Je cogite sur les fake-2

Je cogite sur le thème des fakes. Faites pas attention.
Définition 1 : Personne dissimulant ses valeurs sous un apparat esthétique tel que le look, le discours, l'attitude.
Définition 2 : Personne incompétente qui se comporte comme une personne compétente. La notion de compétence s'entend au sens large : Être punk est une compétence, être une chaudasse aussi, être un prolo aussi, etc.
Notions proches : Usurpateur, escroc, profiteur, poseur, comédien, mystificateur.
Buts : Échapper au inconvénients de sa condition sociale ou/et acquérir le prestige d'une caste autre que la sienne ou/et diffuser une image de marque ou/et entrisme professionnel ou/et curiosité/expérimentation/expérience/jeu ou/et goût du secret/dissimulation/travestissement ou/et pudeur ou/et envie d'évoluer ou/et recherche de repères ou/et travail sur soi et/ou adaptation à l'environnement. And more.
Remarques sociale : Être poussé vers la fake attitude par adaptation environnemental : Imiter ses collègues ou ses voisins par exemple pour s'intégrer. Pression sociale forte : Se la jouer anti-raciste par exemple. Condamnation de ses propre valeurs par la société : dissimuler son conservatisme ou son parasitage par exemple en se la jouant progressiste et actif. Condamnation de son histoire : dissimuler sa culture familiale, religieuse, etc.
Remarques stratégique : stratégie du « comme si », influencé par la psychologie populaire (livres et chroniques « how to. ») Valeur de la « confiance en soi » (même quand on est un blaireau) comme principe de réussite (et moins le professionnalisme, l'honnêteté, le talent, etc, valeurs rétros). Efficacité de la stratégie (réussite sociale de nombreux fakes).
Remarques séduction : Technique de drague. Envie de plaire au sexe opposé. Se donner une image séduisante. Société de liberté sexuelle, donc de compétition sexuelle exacerbée.
Remarque marketing : De la nécessité d'être un fake dans l'entreprise moderne. Influence de la publicité (« avoir pour être », pour mal résumer), de la télévision et du cinéma (modèles de référence des personnages). Critère d'image de marque. Hausse du secteur mode/design. Phénomène « people » (références esthétique et comportementale). Disponibilité de produits et tendances élaborés selon des valeurs inconnues (produit étranger, normes industrielles, étude marketing), d'où décalage entre l'esprit du créateur et celui de l'utilisateur. Exemple : look rasta sans rien savoir de la pensée rasta. Influence des DRH (de la nécessité de coller aux critères définis par la socio/psycho académique). Credo d'entreprise (nécessité de coller à un modèle comportemental défini par la hiérarchie). Nécessité du réseautage avec les signes distinctifs induits.
Remarque Politique : Se comporter comme nos chefs ou/et en opposition (phénomène anthropologique). La population s'inspire pour son usage de la gestion d'image des politiques et du discours formaté. Perte d'influence des chefs sur la question sociale et économique, mais influence en hausse sur les questions de morale, de valeur, de civilité, de moeurs, de comportement, etc.
Divers : la fake attitude est un comportement individuel lié à l'adaptation environnementale. Comprendre l'individu fake, c'est comprendre la société contemporaine qui l'influence. L'amplification du phénomène fake démontre une amplification de la pression sociale. Le phénomène fake peut il disparaître avec une profonde mutation de la société ? Les masses peuvent elles modifier la société en modifiant leurs comportements fake ?

Enfin bref, je me demande après coup si c'est pas un sujet foireux, d'autant que je me promet régulièrement de ne plus aborder les sujets désagréables. Je devrais plutôt m'intéresser à l'opposé du fake, c'est à dire l' « être authentique », pour peu qu'il existe et que ça ai une signification. Individu « en accord avec lui même » prenant ainsi le risque d'être « en désaccord avec la société ». Stratégie pouvant se révéler foireuse, soit dit en passant (clochardisation, délinquance, exclusion du groupe, narcissisme, etc.). Le fake a peut être bien raison d'être un fake, à la réflexion.

Je vais à la piscine puis chez Grinda

Le lendemain : Piscine Pailleron avec Hans Moshtein et Rita. Je constate une fois de plus ma baisse physique, mais c'est normal, faut s'y remettre et j'ai eu une hygiène de vie qui ne peut pas être pire. Se souvenir : faire un check-up santé. Je file ensuite chez Grinda. Le matin elle commence à travailler à onze heure ce qui n'aide pas pour décoller tôt. Je ne sais pas ce qu'elle me trouve, j'ai plus une thune, j'ai 13 ans de plus qu'elle, je ne suis pas top au pieu mais elle se montre très douce. J'ai appris un truc super intime sur elle ce soir, si je raconte elle me tue. Quand va elle me larguer et comment ?

J'ai mon avi sur la Chine

Je m'informe sur le Tibet et la Chine. Je suis tombé sur une manifestation de Chinois par hasard samedi, ils m'ont remis un tee-shirt et un papier où c'est expliqué qu'entre autre, parmi les minorités ethniques de Chine, dont celle du Tibet, il n'y a ni impôts ni politique de l'enfant unique. Je n'ai aucune intention d'aller sur le web chercher la vérité (j'ai l'autre version, celle de la stérilisation forcée des Tibétaines), tout ce que je connais du Tibet est un livre de Rampa, l'épisode où les nouveaux nés sont mis dans une rivière glacée afin d'éliminer les plus faibles m'avait bien marqué. J'ai jamais réussi à savoir si Rampa était un mystificateur ou un véritable sage (wikipedia n'est pas très clair). L'autre livre est « le livre des morts tibétains », la préface disait que les Tibétains étaient en avance d'un siècle sur nous en matière de psychologie, et quand j'ai lu ça, à ma grande période d'étude de la pensée chinoise (vers vingt ans), j'ai voulu le croire. La mort venu, regarde tes propres démons bien en face ; soit tu détournes la tête et tu te réincarnes en vers solitaire, soit tu observes ces démons sans peur et tu montes au Nirvana. C' est l'inverse exacte de la pensée Chrétienne (fuit le démon, regrette tes fautes), mais ça colle avec la psychanalyse. Et ? Et ben rien, je ne sais pas quoi en penser, j'en déduit que la vérité est une variable et que la mienne n'a rien à voir avec la leur et surtout, j'en ai rien à foutre de ces embrouilles asiatico-asiatiques. Par principe je devrais être pro-Tibet, parce que petit peuple dressé face à l'empire athé industrialo-communiste Chinois. Mais si on me donne le choix entre m'expatrier à Lhassa ou Shanghai, je choisis Shanghai. C'est pas très malin comme argument je sais, alors en voici un autre : Si la France dépense ne serait ce qu'un euro pour les droits de l'homme au Tibet, alors c'est une perte sèche : ni apport économique, ni prestige. Je remarque en passant que plus la France se la pète pays-des-droits-de-l'homme, moins elle est appréciée à l'étranger (c'est pourtant le seul but politique). Le précédent Villepin, discours larmoyant anti-guerre d' Irak, nous a grillé avec les USA et je crois qu'au fond, les Russes, les Chinois et les Arabes nous ont pris pour les idiots utiles. Là, on se grille avec l'autre empire, la Chine. Je ne sais même pas pourquoi j'en parle, par réflexe pavlovien je présume, allez comme j'y suis et que j'ai aucune envie de reparler « relation international » dans le futur, finissons en : Ce que devrait être la France dans le monde : Un pays neutre : Être au monde ce que la Suisse est à l' Europe. Un pays qui ne s'implique dans aucun camps, qui retire tous ses soldats d' Afrique pour commencer, qui ferme sa gueule sur tous les sujets ayant trait aux relations internationales, qui refuse de participer aux conflits de toutes espèces (Nos « accords diplomatiques », en particulier avec le monde anglo-saxon, n'avaient d'utilité que quand l' Allemagne menaçait et quand la France était un empire colonial). Continuer à vendre armes, médicaments, ponts et chaussé à qui nous en demande, envoyer quelques docteurs et enseignants pour l'image de marque, et c'est tout. Là ça serait la top classe, LE pays taiseux qu'a tout vécu, qu'a fait tout ce qu'il était possible de faire en matière d'épopée politique avant tout le monde et qui regarde l' humanité de haut avec la plus extrême sagesse sans jamais la ramener, l'air de dire « faut que vous expérimentiez ce qu'on a expérimenté, un jour vous comprendrez. ». Le truc de ouf, comment ça assurerait grave.

J'informe que je modifie le concept

Le lendemain : J'informe sur ce blog que je modifie le concept et que je met des pseudos aux gens. J'apprends que des gens qui savent de quoi ils parlent aiment ce blog via Thierry Théolier (fuck les pseudos en fait) et de nouveaux links qui pointent ici. J'écris que Rita se sens humiliée. Elle m'appelle et dit que c'est pas du tout ça, je demande alors où est le problème ? Je rectifie, j'écris qu'elle se sens vexée. Elle dit que c'est pas vraiment ça. J'arrive pas à savoir ce qui la tracasse, pourtant c'est elle qui a l'air d'être la plus ennuyée. Nevermind.

Je passe la soirée chez Bertha Brain

Le lendemain : La soirée s'achève avec Rita, Isadora, Duck et Hans Moshtein chez Bertha Brain, membre de mon clan ancestral. Je revois des gens que je n'ai pas vu depuis cinq ans pour certain. J'ai Hans Moshtein à l'oeil, Bertha m'informe qu'il a tenté de lui bouffer la chatte à traver son jean à la soirée du 23/03, je dis qu'il a les qualités de ses défauts, j'apprends par la même occasion qu'il a tenté de rouler une pelle à ma petite soeur ce 23/03. Tout se sait. Betha est un peu inquiète quand il se met torse nu, elle me dit « Tu le gères ? ». Tu m'étonnes que je le gère, que je le surprenne pas à manquer de tact avec ces super-nanas trentenaires qui sortent tout droit de mon adolescence. On est pas chez les romanichel ici, c'est à dire qu'on n'est ni au VIP Room ni dans une succursale du Paris Paris, mais chez une bande d'humains triés sur le volet qui se sont vu enfants et qui se verront un jour grabataires et pas question qu'un étranger vienne pour déconner chez nous. J'ai brieffé avant Hans Moshtein, il est prévenu, il n'écoute pas quand je lui dis que c'est cool son délire d' ambianceur mais qu'il va trop vite trop loin, qu'il se grille et que surtout, il met les femmes en mode protection et que c'est préjudiciable pour les autres hommes. Il s'en fout royalement, il est toujours surpris quand il se prend une claque par une femme ou quand il se fait virer de soirée. Sacré Hans Moshtein. Là il s'est bien tenu.